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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 06:46

Le mépris consiste à "tenir pour rien" un individu quelconque, qui très précisément et parce que le mépris s'exerce, n'est pas rien.

Il y a donc de fait méprise à mépriser ! Les 2 se rejoignent puisque le mépris relève d'une position mensongère en refusant de considérer que ce rien est plutôt quelque chose. La position est donc paradoxale bien que ce mépris donne toutefois à son auteur une légitimité d'existence et une conscience d'être en refusant à un autre (quel que soit l'autre) le mérite d'être dans la même sphère.

Le mépris porte en lui aussi cet orgueil d'une définition du bien et du mal, en somme le méprisant devient un Dieu ayant droit de définir ce qui est honorable ou ne l'est pas, sans d'ailleurs même se préoccuper de ses propres tares. Descartes enseigne ainsi que "la passion du mépris est une inclination qu'a l'âme à considérer la bassesse ou la petitesse de ce qu'elle méprise ". Au fond il s'agit là d'une problématique purement représentative, ce qui n'exclut pas la légitimité de l'action méprisable.

Ainsi mépriser publiquement un autre peut assurément poser problème au méprisé, à plus fortes raisons si l'accusation se fait à tort, plus complexe est de mépriser publiquement et par écrit par exemple un politicien qui n'accordera probablement aucune importance à celui qui tente de se hisser, par le côté honorable de ce qu'il considère comme tel, à sa hauteur .. Car mépriser consiste à se mettre à la hauteur, quand bien même elle se trouve à un niveau de bassesse évident. Le méprisant cache toujours en son sein l'idée d'une vertu, la sienne, et démontre le "spectacle intérieur de l'examen de conscience" (Kant - Critique de la Raison pratique).

En réalité, le mépris n'a aucune portée dès lors qu'il se contente d'être sans une action concrète qui, dans le cas du politique, consisterait à faire changer la donne.

Dans le cas d'un mépris lambda, celui de la critique ordinaire qui parfois ne s'appuie que sur la rumeur souvent infondée tant l'application dans ce monde est de dénaturer un autre pour servir un narcissisme défectueux, le silence voire l'indifférence pour le méprisé est la seule alternative et sans aucun doute la meilleure.

Bref, agiter sa plume pour se sentir exister ou se croire existant est en vérité la preuve d'une méprise qui s'ignore et les politiciens véreux n'en ont que faire !

*texte librement inspiré ​de 2 études (philosophique et psychanalytique

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Published by Cat
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commentaires

Miche 22/09/2014 11:24

Le mépris ça vous fait bien malheureux... Sûrement le summum de l'illusion de séparation.

Cat 22/09/2014 12:48

et oui