Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 08:36

 

 

Je viens d'écouter Grimaldi parler de l'effervescence du vide .. je n'ai pas forcément son pessimisme ou cette sensation d'échec dont il se fait l'écho, échec de sa propre vie de n'avoir été que professeur alors qu'il se voulait poète, mais au fond la philosophie n'est-elle pas poésie .. quand même ! Il ne m'appartient pas d'entrer dans le ressenti de l'autre ni même d'en modifier les paramètres.

 

Pour autant, Grimaldi me parle quand il fait référence à ce "qu'est-ce que c'est que cette époque où le "n'importe quoi veut dire quelque chose" ou plus exactement cette espèce d'aspiration à la médiocrité permanente dans le semblant des choses, comme s'il ne fallait pas toucher à l'essence même de ce qu'est la vie ou plutôt de ce qui fait la vie.

 

Il y a pour moi comme pour lui là, quelque chose de l'ordre du "je suis toujours seule et donc en mauvaise compagnie" ou bien mieux encore dans le "ce qui intéresse les autres, ne m'intéresse pas" .. c'est indéniablement terrible et pourtant profondément ressenti.

 

Grimaldi dit que "vivre est quelque chose de grave car cela ne dure pas longtemps" c'est une évidence implacable voire terrifiante et en même temps une situation insoluble, puisque il s'agit alors de trouver la chose espérée, celle qui ne se nomme pas et à plus fortes raisons ne s'atteint pas, ou alors si elle peut être atteinte, sera immédiatement remplacée par une autre ...un autre désir .. tout aussi inatteignable et dans un éternel recommencement ! La vie n'est-ce pas cela, le désir toujours en action et définitivement fantasmé finalement ? 

 

Il faut sans nul doute, parvenu à ce point de sa propre histoire et de la réflexion qui inéluctablement va avec, se débarrasser en effet de l'espérance pour ne pas sombrer dans la désespérance.

 

Grimaldi dit pourtant une chose définitivement splendide, qui pour autant semble nous échapper sans cesse car nous ne savons ni comment faire, ni qu'en faire, c'est que "je ne peux jouir d'une chose que dès lors que quelqu'un la partage avec moi et ce que je ne peux pas partager est donc ce dont je suis privé".

 

C'est tout à fait magnifique que de parvenir à ce petit point qui au fond englobe en lui même l'essence même non du vide mais de l'effervescence de la vie !

 

Et ce petit point devrait être, à mon sens, l'ultime désir !

 


 

 

123445-le-vide-de-la-ville.jpg

illustration http://www.jeromeguilbot.com/un-peu-de-poesie_cat_10_fr.html

 

 

 

 

Effervescence du vide - Nicolas Grimaldi

Paru chez Grasset

Partager cet article

Repost 0
Published by Cat - dans Pensées
commenter cet article

commentaires

chloé 11/03/2012 19:00


C'est le manque qui nous fait avancer! Quête incessante qu'on ne pourra jamais satisfaire c'est le vider remplir et on passe sa vie à ça! Bisous. chloé

Cat 11/03/2012 20:01



oui l'essentiel serait d'accepter de ne jamais le combler ! bisous Chloé



les cafards 11/03/2012 10:45


Les coups de griffes ? normal pour un chat ! bienvenu chez les cafards associés

Cat 11/03/2012 11:10



merci ! le chat ronronne aussi .. parfois !



Miche 11/03/2012 04:56


Nous partageons toujours, ouverts au monde qui nous entoure, même si c'est plus rarement avec nos pairs...


 

Cat 11/03/2012 08:02



Le partage dont parle Grimaldi et que je ressens est un partage plus proche, plus intime, plus réel .. Partager avec le monde est bien trop vaste pour pouvoir échapper au vide, à la solitude ! Le
monde virtuel dans lequel nous vivons en est une preuve, une effervescence de vide où le partage n'est qu'apparence ! Il faut un peu plus d'intime, un peu plus de proximité, sans doute de
l'amour, pour parler de partage !