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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 10:43

 

 

C’était un de ces dimanche morne et sans saveur, s’étirant en longueur. Tout ronronnait, le chat, la pluie, moi aussi.

Il aurait fallu sortir du réel, s’inventer un jour différent, un ailleurs verdoyant, des cris, un soleil comme un rire, aux éclats, de l’amour comme une œuvre d’art ; enfin ne plus se réduire en un point confus, presque inexistant, un moment perdu suspendu à rien. Les dimanches sont comme les vieux, assis le regard perdu, sur ces bancs, passant le peu de temps qu’il leur reste sans plus le vivre, attendant là ce qu’ils craignent et qui pourtant s’annonce, la mort ! Mais la vie n’est-elle pas essentiellement supportable que parce qu’on sait qu’elle finira* ?

 

Finir, stopper, ou alors recommencer mais comment ? Faire comme un vieux ruisseau fougueux qui, subitement, quitterait son lit, apeuré mais décidé, pour se jeter dans l’inconnu ?

 

Je marchais dans ces rues désertes et humides, attendant un charme, une sorte de miracle dont j’aurais été le créateur mais les murs que l’on construit au fil des années, avec application, sortis tout droit d’un triste cerveau sans imagination, ne s’écroulent pas si facilement.

 

Quelle serait cette nécessité de vérité à trouver, que sait-on de la réalité de la vie, qui au fond ne fait que nous fuir comme ces rêves qui, au réveil, nous échappent. Pour autant, il y a là comme le sentiment d’un tout possible, peut-être faudrait-il juste un quart de tour de la pensée, un saut quantique de l’autre côté, là où les jardins embaument, comme un paradis perdu donc nécessairement à retrouver. Là où les mots comme des abimes ne diraient plus rien. Et faire preuve de vivacité passionnée, alors il arriverait quelque chose, comme une invention, et puis trouver la note exacte le "La" dans lequel se concentre toute la mélodie, exploser la vie ?

 

Enfin juste un instant devenir génial dans un désir condensé qui ferait cesser de penser à plat, et oublier l’angoisse insupportable de l’inconvénient d’être né. Et puis, ne pas se suicider de suite, puisqu'il y a encore et forcément quelqu’un à décevoir**.

 

L’homme est une fiente**, absurdement médiocre, je n’échappe pas à cette règle même si de toute ma peau, je m’en défends. L’angélisme est un leurre et il faudrait cesser de se croire légitime puisque ce n’est que de l’Autre que cela provient. Prendre la mesure de sa propre disparition, comme chacun, tel un fétu de paille balloté par le vent mauvais des dimanches mornes et sans saveur.

 

 

*Lacan

**Luchini /Cioran

 

escalier.jpg

 

Photo via Sylvie Esquisse

 

 

 

 

 

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Published by Cat - dans Pensées
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commentaires

enriqueta 04/01/2012 14:16


Cela me rapelle les dimanches de mon adolescence où je m'ennuyais ferme.