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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 14:54

J'écris d'un endroit qui ne parle pas

Et puisque les mots n'y sont pas

L'exercice est difficile

Il y faut du fébrile.

L'incandescence révoltée

Se meurt au creux des chemins égarés.

Et tourne à vide le dialogue intime,

Dans cette solitude comme un abîme.

Il faut de l'intempestif, du tourmenté

Pour écrire, quand même, l'absurdité

D'un monde fracassé.

A s'y cogner, le regard noyé à l'intérieur

Et y voir, dans le tragique, une once de bonheur.

La joie, l'espoir, la passion de la vie sont des défis

Et face à l'indigence, seule la poésie

Enflammée, accablée, révoltée,

Douloureuse, houleuse, anguleuse

Hurle à vif.

Et il faut bien de l'âpreté,

Tant d'intensité, pour encore oser

Croire en cette beauté rugueuse,

D'un monde possiblement perdu.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 10:02

Il y a ceux-là qui se targuent d'une appartenance, sociale, religieuse, politique bien planqués dans leurs petites certitudes, si bouffis d'eux-mêmes que rien ne respire autour, dans ces impasses qu'ils chérissent comme leurs mères, qu'accessoirement ils tueraient pour ne rien perdre de ce qui fait la médiocrité de leur vie. Et ils nous vomissent leurs idéologies, peste émotionnelle permanente, tout en frustrations et ressentiment, sans mesurer combien elle s'aliène dans des pensées irrationnelles. L'idéologie mise en avant, seule pensée unique, seule porte de sortie, celle des vérités absolues et définitives, la sécurité des névrosés obsessionnels. Ceux là ont les réponses à tout, mènent leur vie de merde en paradant, dans un déni de réalité total sans lever les yeux, là notamment où se loge non pas la vérité, mais une autre vérité, moins soyeuse, moins confortable, plus dangereuse. Et ça blablate dans les coins, sur les réseaux sociaux, au café du commerce, entre 2 bibines, ça refait le monde celui qu'ils forment chaque jour, dans une inconséquence aveugle, inconsciente d'elle-même. Et pas la peine de regarder dans la gamelle du voisin, la nôtre est bien pleine aussi.

Pour comprendre autrement, il faut de la détresse et c'est dans les tripes que ça se passe, il faut avoir côtoyé la misère, la vraie, celle du désespoir, du dégoût non pas de l'Autre mais de la noirceur du monde, de ses manipulations, se coltiner ses plaies et ses hémorragies, ça ne s'invente pas, faut y aller et ça agite la réflexion, durement, cruellement, ça force l'humilité et oblige à grandir.

La bien-pensance a ceci de miraculeux qu'elle ne remet rien en cause, certainement pas elle même. Elle en devient sublime .. dans son indignité. Elle barbote et radote suivant aveuglément la doxa, convaincue de sa science .. infuse ! Derrière elle, rien ne pousse, rien ne repousse, la bienséance se croit «égalitariste», elle est totalitaire. Elle se noie dans ses contraintes moralisantes, dans des codes surannés. Sortir des sentiers battus, s'élever, oser autre chose, la met immédiatement dans un état de panique. Voilà bien ce qui fait son danger et qui de fait valide la plupart des exactions. Elle se pare d'innocence, martelant à l'envi que le bon sens c'est elle, ignorant le fanatisme d'une telle position. Ainsi comme le suggère Reich, apparaît la « cuirasse caractérielle » de l'homme, lit du fascisme, du mysticisme, lit du pire et des pulsions primaires, du conservatisme ou du phénomène réactionnaire aveugle, les deux n'étant que les reflets de l'inauthentique.

Nous évoluons désormais dans un monde de l'irrationnel, la recherche de la vérité et l'objectivité disparaissent jouant ainsi dangereusement avec des processus génocidaires, et lorsque tout est contaminé alors le décor futur laisse apparaître des formes d'impérialisme ou de fascismes, nid de toutes les délations et diffamations, dirigées majoritairement vers ces autres, les résistants, ceux qui tentent encore de rester au dessus de la mêlée. La banalité du mal s'instaure, gangrenant tout sur son passage. La société s'automatise en même temps que le déclin des systèmes politiques entre autres, s'accélère.

Seul le changement, profond, réfléchi aura une portée ! Nous aurions tort de considérer ce changement avec mépris, car cette suffisance aura un coût, lourd de conséquences.

«Tu ne sais donc pas qu’il n’y a pas de diable, mais seulement Dieu quand il est bourré?»

(Tom Waits, «Heart Attack and wine »)

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 13:50

Rares sont les textes que je reprends ici, mais celui-ci dit tant de choses que que je partage, pour ne pas dire la totalité - merci à Slobodan Despot - http://blog.despot.ch/le-syndrome-tolstoievsky

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

*

L’Occident ressort la même guignolerie haineuse à chaque crise, depuis Ivan le Terrible à « Putler »-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crimée, le pauvre et tragique Nicolas II, et même l’URSS où tout succès était dit « soviétique » et tout échec dénigré comme « russe ».

Des nations serviles qui accordent aux Américains un crédit illimité de forfaiture et de brigandage « parce-qu’ils-nous-ont-libérés-en-45 » n’ont pas un mot, pas une pensée de gratitude pour la nation qui a le plus contribué à vaincre l’hydre national-socialiste… et qui en a payé le prix le plus lourd. Ses élus sont traités en importuns, son président caricaturé avec une haine obsessionnelle, la liberté de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d’affaires est suspendue au bon vouloir d’obscures commissions européennes dont les peuples qu’elles prétendent représenter ne connaissent pas le nom d’un seul membre, ni pourquoi il y siège plutôt qu’un autre larbin des multinationales.

Mais tout ceci n’est encore rien. C’est dans l’ordre des choses. L’Occident et la Russie ne font que jouer les prolongations, à l’infini, du conflit Rome-Byzance en l’étendant aux continents voisins voire à l’espace interplanétaire. La vraie guerre des civilisations, la seule, est là. Barbare comme le sac de Constantinople, apocalyptique comme sa chute, ancienne et sournoise comme les schismes théologiques masquant de perfides prises de pouvoir. Tapie dans les replis du temps, mais prête à bondir et à mordre comme un piège à loups. C’est le seul piège, du reste, que l’empire occidental n’ait pas posé tout seul et qu’il ne puisse donc désamorcer. (Étant entendu que la menace islamique n’est que le produit des manœuvres coloniales anglo-saxonnes, de la cupidité pétrolière et de l’action de services d’État occupés à cultiver des épouvantails pour effrayer leurs propres sujets, puis à les abattre pour les convaincre de leur propre puissance et de leur nécessité.)

La menace russe, elle, est d’une autre nature. Voici une civilisation quasi-jumelle, ancrée sur ses terres, consciente d’elle-même et totalement ouverte aux trois océans, à l’Arctique comme à l’Himalaya, aux forêts de Finlande comme aux steppes de Mongolie. Voici des souverains qui — depuis la bataille de Kazan remportée par ce même Ivan qui nous sert de Père Fouettard — portent le titre de Khans tatars en même temps que d’Empereurs chrétiens siégeant dans l’ultime Rome, la troisième, Moscou, qui fleurit au moment où Byzance gémissait sous l’Ottoman et le pape sous la verge de ses mignons. Voici une terre aux horizons infinis, mais dont les contours sont gravés dans l’histoire du monde, inviolables bien que diffus. Voici des gens, enfin, et surtout, aussi divers qu’on peut l’imaginer, mêlant au sein d’un même peuple le poil blond des Vikings aux yeux obliques et aux peaux tannées de l’Asie. Ils n’ont pas attendu le coup de départ du métissage obligé, les Russes, ils l’ont dans leur sang, si bien assimilé qu’ils n’y pensent plus. Les obsédés de la race au crâne rasé qu’on exhibe sur les chaînes anglo-saxonnes ont la même fonction que les coucous suisses : des articles pour touristes.

*

Cela ressemble tellement à l’Europe. Et c’en est tellement loin ! Tellement loin que les infatigables arpenteurs des mers — génois, anglais, néerlandais, espagnols —, qui connaissent l’odeur de la fève de tonka et la variété des bois de Sumatra, ne savent rien de la composition d’un borchtch. Ni même de la manière dont on prononce le nom de cette soupe. Ce n’est pas qu’ils ne pourraient pas l’apprendre. C’est qu’ils n’en ont pas envie. Pas plus qu’ils ne veulent connaître, vraiment, l’esprit, les coutumes et la mentalité des immigrants exotiques qu’ils accueillent désormais par millions et qu’ils laissent s’agglutiner en ghettos parce qu’ils ne savent comment leur parler.

J’ai dû, moi, petit Serbe, apprendre deux langues et deux alphabets pour entamer ma vie d’immigré. J’en ai appris d’autres pour mieux connaître le monde où je vis. Je m’étonne sincèrement de voir que mes compatriotes suisses ne savent pas, pour la plupart, les deux autres grandes langues de leur pays. Comment connaître autrui si vous ne savez rien de la langue qu’il parle ? C’est le minimum de la courtoisie. Et cette courtoisie, désormais, se réduit de plus en plus à des rudiments d’anglais d’aéroport.

De même font les Russes, dont l’éducation intègre la culture ouest-européenne en sus de la leur propre. Où voit-on la réciproque, à l’ouest du Dniepr ? Depuis Pierre le Grand, ils se considéraient européens à part entière. Les artistes de la Renaissance et les penseurs des Lumières sont les leurs. Leontiev, le père Serge Boulgakov, Répine, Bounine, Prokofiev et Chestov sont-ils pour autant les nôtres? Non, bien entendu. Parler français fut deux siècles durant la règle dans les bonnes maisons — et le reste encore parfois. Ils se sont intensément crus européens, mais l’Europe s’est acharnée à leur dissiper cette illusion. Quand les jeunes Russes vous chantent Brassens par cœur, vous leur répondez en évoquant « Tolstoïevsky ». L’Europe de Lisbonne à Vladivostok n’aura été réelle qu’à l’Est. A l’Ouest, elle ne fut jamais que la projection livresque de quelques visionnaires.

L’Europe de Lisbonne à Vladivostok ! Imagine-t-on la puissance, la continuité, le rayonnement, les ressources d’un tel ensemble ? Non. On préfère definitely se mirer dans l’Atlantique. Un monde vieillissant et ses propres outlaws mal dégrossis s’étreignant désespérément par-dessus la mer vide et refusant de voir dans le monde extérieur autre chose qu’un miroir ou un butin. Leur derniers échanges chaleureux avec la Russie remontent à Gorbatchev. Normal : le cocu zélé avait entrepris de démonter son empire sans autre contrepartie qu’une paire de santiags au ranch de Reagan. Vingt ans plus tard, les soudards de l’OTAN occupaient toutes les terres, de Vienne à Lviv, qu’ils avaient juré de ne jamais toucher ! Au plus fort de la Gorbymania, Alexandre Zinoviev lançait son axiome que tous les Russes devraient apprendre au berceau : « Ils n’aimeront le tsar que tant qu’il détruira la Russie ! »

*

« Ah, vous les Slaves ! » — ouïs-je souvent dire — « Quel don pour les langues ! » Je me suis longtemps rengorgé, prenant le compliment pour argent comptant. Puis, ayant voyagé, j’ai fini par comprendre. Ce n’est pas « nous les Slaves » qui avons de l’aisance pour les langues : c’est vous, les « Européens » qui n’en avez pas. Qui n’en avez pas besoin, estimant depuis des siècles que votre packagelinguistique (anglais, français, allemand, espagnol) gouverne le monde. Pourquoi s’escrimer à parler bantou ? Votre langue, étendard de votre civilisation, vous suffit amplement, puisqu’au-delà de votre civilisation, c’est le limes (comme au temps de César), et qu’au-delà du limes, mon Dieu… Ce sont les terres des Scythes, des Sarmates, des Marcheurs Blancs, bref de la barbarie. Voire, carrément, le bord du monde où les navires dévalent dans l’abîme infini.

Voilà pourquoi le russe, pour vous, c’est du chinois. Et le chinois de l’arabe, et l’arabe de l’ennemi. Vous n’avez plus même, dans votre nombrilisme, les outils cognitifs pour saisir ce que les autres — qui soudain commencent à compter — pensent et disent, réellement, de vous. Ah ! Frémiriez-vous, si vous pigiez l’arabe des prédicateurs de banlieue ! Ah ! Railleriez-vous si vous entraviez des miettes de ce que les serveurs chinois du XIIIe dégoisent sur vous. Ah ! Ririez-vous s’il vous était donné de saisir la finesse de l’humour noir des Russes, plutôt que de vous persuader à chacun de leurs haussements de sourcil que leurs chenilles sont au bord de votre gazon.

Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. Même vos vaudevilles présidentiels sont désormais commentés avec des mines de fesse-mathieu. Vous êtes graves comme des chats qui caquent dans votre quiétude de couvre-feu, alors qu’eux, là-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur métro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d’obus.

Tout ceci n’est rien, disais-je, parlant du malentendu historique qui nous oppose. La partie grave, elle arrive maintenant. Vous ne leur en voulez pas pour trois bouts d’Ukraine dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Vous leur en voulez d’être ce qu’ils sont, et de ne pas en démordre ! Vous leur en voulez de leur respect de la tradition, de la famille, des icônes et de l’héroïsme — bref, de toutes les valeurs qu’on vous a dressés à vomir. Vous leur en voulez de ne pas organiser pour l’amour de l’Autre la haine du Soi. Vous les enviez d’avoir résolu le dilemme qui vous mine et qui vous transforme en hypocrites congénitaux : Jusqu’à quand défendrons-nous des couleurs qui ne sont pas les nôtres ?

Vous leur en voulez de tout ce que vous avez manqué d’être !

Ce qui impressionne le plus, c’est la quantité d’ignorance et de bêtise qu’il vous faut déployer désormais pour entretenir votre guignolerie du ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation. Car tout la dément : et les excellentes relations de la Russie avec les nations qui comptent et se tiennent debout (BRICS), et le dynamisme réel de ce peuple, et l’habileté de ses stratèges, et la culture générale du premier Russe venu, par opposition à l’inculture spécialisée du « chercheur » universitaire parisien qui prétend nous expliquer son obscurantisme et son arriération. C’est que ce ramassis de brutes croit encore à l’instruction et au savoir quand l’école européenne produit de l’ignorance socialisée ; croit encore en ses institutions quand celles de l’UE prêtent à rire ; croit encore en son destin quand les vieilles nations d’Europe confient le leur au cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street.

Du coup, la propagande a tout envahi, jusqu’à l’air qu’on respire. Le gouvernement d’Obama prend des sanctions contre le régime de Poutine : tout est dit ! D’un côté, Guantanamo, les assassinats par drones aux quatre coins du monde, la suspension des droits élémentaires et le permis de tuer sans procès ses propres citoyens — et, surtout, vingt-cinq ans de guerres coloniales calamiteuses, sales et ratées qui ont fait du Moyen-Orient, de la Bosnie à Kandahar, un enfer sur terre. De l’autre, une puissance qui essaie pas à pas de faire le ménage à ses propres frontières, celles justement dont on s’était engagé à ne jamais s’approcher. Votre gouvernement contre leur régime

Savez-vous de quoi vous vous privez en vous coupant ainsi, deux fois par siècle, de la Russie ? Du refuge ultime des vos dissidents, en premier lieu du témoin capital Snowden. Des sources d’une part considérable de votre science, de votre art, de votre musique, et même, ces jours-ci, du dernier transporteur capable d’emmener vos gens dans l’espace. Mais qu’importe, puisque vous avez soumis votre science, votre art, votre musique et votre quête spatiale à la loi suicidaire du rendement et de la spéculation. Et qu’être traqués et épiés à chaque pas, comme Snowden vous l’a prouvé, ne vous dérange au fond pas plus que ça. A quoi bon implanter une puce GPS à des chiens déjà solidement tenus en laisse ? Quant à la dissidence… Elle n’est bonne que pour saper la Russie. Tout est bon pour saper la Russie. Y compris les nazis enragés de Kiev que vous soutenez sans gêne et n’hésitez pas à houspiller contre leurs propres concitoyens. Quelle que soit l’issue, cela fera toujours quelques milliers de Slaves en moins…

Que vous a-t-il donc fait, ce pays, pour que vous en arriviez à pousser contre lui les forces les plus sanguinaires enfantées par la malice humaine : les nazis et les djihadistes ? Comment pouvez-vous songer à contourner un peuple étendu sur onze fuseaux horaires ? En l’exterminant ou en le réduisant en esclavage ? (Il est vrai que « toutes les options sont sur la table », comme on dit à l’OTAN.) Destituer de l’extérieur un chef d’État plus populaire que tous vos polichinelles réunis ? Êtes-vous déments ? Ou la Terre est-elle trop petite, à vos yeux, pour que l'« Occident » puisse y cohabiter avec un État russe ?

C’est peut-être cela, tout compte fait. La Russie est l’avant-poste, aujourd’hui, d’un monde nouveau, de la première décolonisation véritable. Celle des idées, des échanges, des monnaies, des mentalités. A moins que vous, atlantistes et eurocrates, ne parveniez à entraîner la nappe dans votre chute en provoquant une guerre atomique, le banquet de demain sera multipolaire. Vous n’y aurez que la place qui vous revient. Ce sera une première dans votre histoire : mieux vaut vous y préparer.

• Quelques lectures appropriées :

Jürgen Elsässer : Comment le djihad est arrivé en Europe

A.S. Khomiakov : L’Église latine et le Protestantisme au point de vue de l’Église d’Orient

Naomi Klein : La stratégie du choc

Konstantin Leontiev : L’Européen moyen, idéal et outil de la destruction universelle

C.S. Lewis : L’Abolition de l’Homme

Carroll Quigley : Tragedy and Hope

Steven Runciman : La chute de Constantinople

Eric Werner : De l’extermination, L’avant-guerre civile

Alexandre Zinoviev : La Grande Rupture, L'Occidentisme

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 07:10

Chacun se souviendra longtemps, à n'en pas douter, de cette horreur que le pays a vécu les 7/8 et 9 janvier 2015 qui a fait 17 victimes (18 en fait .. ). Les médias dans leur ensemble ont relayé vastement voir dégueulé l'affaire, en long, en large et en travers. Nous connaissons tous la finalité, 3 abrutis répondant à on ne sait trop bien quelle visée si ce n'est de tuer, se sont fait abattre, ils ne parleront plus. Les victimes quant à elles, seront décorées, enterrées, oubliées ..

Ces jours là, chacun a vécu en apnée, en tous cas ce fut mon cas, chacun a pu je le suppose mesurer la douleur des familles, ce fut mon cas ! Et puis il y eut cette grande manifestation que je qualifie de mascarade mais c'est une opinion personnelle et 47 chefs d’États à battre les pavés de Paris pour défendre la liberté d'expression. Slogan en tête, cohésion sociale et union nationale en action. Un bien beau moment diront certains, comme quoi la pire horreur peut déboucher sur un semblant de bonheur, par un dimanche ensoleillé, même s'il est possible de s'interroger sur la présence de certains Chefs d’États et la dite liberté, mais c'est un autre débat. Mais bien plus encore, mon interrogation porte plutôt sur la prise de risques engagée à ce moment là alors que la menace battait son plein. Rien ne s'est produit, c'était écrit sans doute. Et c'est tant mieux évidemment !

Donc, le slogan « je suis Charlie » a fait recette, a généré un gros business, chacun y a donc trouvé son compte (victimes mises à part) : les cotes de popularité ont grimpé, les médias ont fait recette, Charlie Hebdo aussi, les Mairies ont mis à leur fronton « Je suis Charlie » et la province n'a pas été en reste pour descendre dans la rue.

Puis chacun est rentré chez lui, dans son petit confort personnel, en rêvant au « plus jamais ça » !

Pendant plusieurs jours bien sûr les médias ont continué à tourner l'affaire, dans un sens, dans un autre, nous avons vu à la télévision un défilé permanent de grands penseurs (triés sur le volet) tous plus doués les uns que les autres et tous avec des solutions. La danse endiablée des yaka, fokon, yavèka etc. Tout était donc suspendu à l'affaire, ne tournant qu'autour comme un discours malsain, martelant les appels à la vigilance, à la plus extrême prudence entourant la mise en place du plan vigipirate attentats, et le constat soudain qu'un nombre énorme de déséquilibrés nourris par la France, étaient susceptibles de passer de nouveau à l'action. De nombreuses cellules seront démontées, des arrestations à la louche, quelques lois de surveillance anti terroristes dont l'efficacité sera à mesurer, des renforcements en effectifs divers, etc.

Puis comme tout lasse, tout passe, et surtout que plus rien ne se produisait, nos chers médias sont revenus peu à peu aux informations traditionnelles, pas beaucoup plus amusantes, mais beaucoup moins angoissantes a priori (quoique..).

Bref, les médias officiels nous ont donc servis du clé en main et des informations toutes nécessairement dignes de confiance sauf pour les complotistes qui eux ne vont pas s'en satisfaire. Evidemment je passe sur les rôles de la CIA, du Mossad, des Chinois du FBI, ou que sais-je encore dans ces attentats, ça a eu le mérite de me faire rire en ces temps tourmentés, comme sur les erreurs des uns et des autres, la visée de responsables possiblement tout trouvés, et les torchons à la quenelle des couilles que je n'ai pas, ou ceux de la libre pensée bien tordue dont les propos relèvent du plus haut pathétisme.

Ce qui achoppe en revanche serait (entre autres petites bricoles) le suicide du n°2 du SRPJ survenu dans la nuit du 8 janvier à 1 h (relayé vaguement par la presse locale relevant la réponse imparable et certes habituelle d'un syndicat de police à savoir que « le commissaire était dépressif et en situation de burn out »). Peu d'autres journaux officiels en parleront.

Circulez il n'y a plus rien à voir.

Je ne relaierai pas ici les articles dissidents relevant l'interrogation sur ce suicide pour lequel néanmoins le CHU de Limoges dans son rapport d'autopsie a conclu au suicide. Il semble toutefois que la famille ne puisse avoir accès au dit rapport, ce qui est assez contraire à ce que prévoit le code de procédure pénale mais enfin ce point étant soulevé par les dits médias dissidents il est évidemment difficile de prendre cette information pour argent comptant sans aller y voir de plus près, ce qui je n'en doute pas ne se produira pas, il faut des couilles pour monter au créneau et exiger de l'Etat des réponses à d'éventuelles questions légitimes. Faire arrêter la rumeur publique est toujours possible, il suffit de répondre.

Quoiqu'il en soit et selon France3 Limousin (journal officiel) je cite :

« Le commissaire Fredou, comme tous les agents du SRPJ travaillait hier soir sur l'affaire de la tuerie au siège de Charlie Hebdo. Il avait notamment enquêté auprès de la famille de l'une des victimes. Il s'est tué avant même de remettre son rapport ». Dommage (outre le suicide) que le dit rapport n'ait pas été rédigé.

Mais enfin clair qu'avec des informations aussi laconiques accompagnant le silence assourdissant qui a entouré ce suicide, il n'est pas étonnant que les médias officieux et bien nauséeux parfois, j'en conviens, émettent toutes sortes de conclusions y compris les pires. Il suffit d'ailleurs d'interroger Google pour avoir une vaste idée du bordel.

Donc dans l'indifférence assez générale du moins officielle, il y eut bien une 18ème victime, passée à la trappe, ignorée même par son propre Ministère et la plupart de ses collègues !

Comme quoi les suicides de flics de nos jours, même officier supérieur, n° 2 d'un SRPJ, en charge d'une enquête explosive, n'agitent pas vraiment les foules ! Paix à son âme et pensées attristées à sa famille

Allo Charlie, dis tu viens fumer une clope ? faut qu'on se parle ..

 

 

 

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 09:00
2 vitesses

Il est logique d'ignorer ce que l'on ne sait pas, bien moins d'ignorer ce que l'on sait dès lors notamment que ce silence peut entraîner des incidences graves sur le plan collectif comme individuel !

Se taire peut donc être criminel.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 06:44

Liberté, par extension liberté d'expression, égalité, fraternité, laïcité, patriotisme, justice

Sans doute faudrait-il reposer la signification de ces mots désormais vidés de sens, utilisés précisément ces derniers temps à tort et à travers, pour rien ! Tout est confondu, perdu dans un émotionnel nauséeux qui ne mène à rien, si ce n'est à cette immense confusion nous menant inéluctablement au pire.

Tout est confondu, déversé sur cette grande toile qu'est internet et sur les défouloirs dépotoirs que sont les réseaux sociaux !

Ces valeurs nobles naissent en soi, intimement, profondément, elles sont d'abord et avant tout éminemment humaines, elles nous agitent de l'intérieur.

Véhiculées par l'extérieur qui en fait d'ailleurs l'usage qui arrange, à coup de slogans, de peurs, de grands discours, n'ont plus ni de saveur, ni de réalité, ou plutôt ont-elles le sens de ce qui s'impose, une pensée unique sans fond. Bien loin en tous cas de la beauté des dites valeurs et de ce qu'elles ont de profondément humanistes. Ainsi leur sens et leur application échappent au point qu'elles s'égarent dans les méandres de la bien-pensance que la pensée unique titille.

Si elles ratent par leur absence, nous échouons quant à nous et cruellement de ne pas nous interroger profondément sur le devenir de l'Homme.

merci à Val qui m'a inspiré ce court billet

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 10:32

Dans quelle société infantile et infantilisée vivons-nous ?

La masse non pensante sous l'étendard d'un slogan, qui d'un seul homme mené par 47 chefs d'Etat dont certains sont des dictateurs avérés, levée contre la tyrannie qu'elle a enfantée ! Et toute cette récupération des politiques ou autres spécialistes qui on le voit martèlent le sol et le pavé de tous les médias, blablatant à l'envi, chacun y allant de ses solutions notamment celles que certains n'ont pas appliquées quand ils étaient aux manettes du pays, au point même d'en faire oublier l'essentiel car c'est bien là la visée, tout comme de mettre à distance l'angoisse.

Le monde des bisounours mis en exergue se retrouve au pays de Machiaval, et sans que soit traité pour autant le problème de fond, à savoir que nous engendrons des monstres dont ne savons plus quoi faire et sans que la honte nous éclabousse. Et toutes ces petites mesurettes à la con comme des cautères sur une jambe de bois parfaitement inutiles mais destinées tout autant à rassurer qu'à faire peur : double effet kiss cool ! Le réveil risque pourtant d'être douloureux.

A part ça, 17 morts presque oubliés, qui n'avaient probablement pas envisagé ni même imaginé une mort pareille, mais qui évoluaient sans doute aussi dans le monde de la fée clochette !

Ne vous battez pas pour acquérir votre Charlie Hebdo, il y en aura a priori pour tout le monde !

Au pire pourrez-vous l'obtenir à un prix prohibitif sur certains sites, vous le brandirez tel un symbole à vos enfants pour justifier le combat que vous n'aurez pas mené et ainsi vous excuser du monde futur dans lequel ils devront évoluer, un monde de soumission et de propagande !

Si un journal pouvait sauver, ça se saurait ..

Si être soudainement quelque chose (Charlie) suffisait, ça se saurait aussi !

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 13:09
NON

Ne nous trompons pas de Héros .. ce ne sont pas les politiciens ni ceux qui récupéreront la gloire du dénouement de ce merdier et encore moins ceux qui nous ont foutu dans ce bourbier qui possiblement sont les mêmes .. La manifestation de demain, je n'irai pas non par manque de courage mais je n'admets pas cette récupération et je n'ai pas besoin d'une autorisation ou d'un mot d'ordre pour savoir ce que j'ai à faire (je note que cela va mobiliser bon nombre d'effectifs Policiers qui ont bien d'autres choses à faire et ont été assez laminés ces derniers jours, sans compter le danger réel d'une telle manifestation).. Mes héros sont personnellement ailleurs et rien dans les discours actuels ne fera que je modifierai la position qui est la mienne et la méfiance que je ressens à l'égard de TOUTE la classe politicienne ! L'Unité Nationale, la cohésion sociale, ce sont de vastes et belles formules qui véhiculent de fortes valeurs, je doute qu'elles soient en place !

Je ne suis pas Charlie, je ne suis rien mais en même temps je suis toutes les victimes des barbaries que les Etats laissent fleurir et embellir !

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 07:53
2014 est morte, vive 2015

Cultivons l'optimisme

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 19:36

« Le coût de la lâcheté est bien supérieur à celui du courage »

Le libre penser n'est pas figé, arrêté, définitif .. la pensée unique est tout ça !

De même que le courage n'est pas la témérité ni l'absence de peur, ce n'est pas non plus une idée vague. Le courage est une révolte contre un danger, qu'il soit individuel ou plus vastement collectif, c'est une pensée de justice, justice qui ne saurait s'enfermer au risque de devenir totalitaire, c'est aussi une neutralité quand les circonstances le nécessitent. Le courage est un audacieux culot qui ne vaut rien quand il est seul. Il n'a en effet de valeur que quand il représente une éthique collective, je parle ici d'un courage sociétal, politique même, citoyen en tous cas.

Le courage relève de la raison, d'une réelle rigueur intime, et est nécessairement détaché (même si motivé au départ par un sentiment qui rend le courage actif) de l'émotionnel. Mais le tout rationnel est dangereux, tombant bien souvent dans la technicité et la science pures au risque de se noyer dans des opinions infondées. Si le courage et la recherche de vérité sont intimement liés, il n'en demeure pas moins que cette dernière n'est pas si facile d'accès, à plus fortes raisons quand elle bouscule cruellement nos croyances ; dans ce cas l'honnêteté doit être notre sœur intime. N'est-il pas dit dans la sagesse populaire que « seul l'idiot ne change pas d'avis » ?. Le plus grand danger est toujours et encore la pensée intime totalitaire, qui se fixe, se rigidifie.

Il n'y a pas de courage sans bon sens, ce qui rejoint ce qui vient d'être dit ! Le bon sens pour autant n'est pas toujours ce qui arrange nos petites affaires, celles avec lesquelles nous composons intérieurement, ces petites lâchetés personnelles avec lesquelles nous composons, bousculer son confort intime n'a rien d'agréable, lâcher ses certitudes non plus. Le courage ne sait pas se dissocier de la raison, mais il faut aussi que le ventre soit agité par le désir, raison et cœur vont donc ensemble mais l'un ne prend pas le pas sur l'autre. Il y a dans le courage, cette envie de dignité, ce désir qui nous empêche de ployer un genou et de baisser la tête, la fierté n'est pas une tare quand elle se met au service de la vérité aussi difficile qu'elle soit.

Nous sommes pourtant dans une époque de valeurs molles, dans le sens où les dites valeurs ne mènent à rien, ni créativité, ni inventivité, ni solution. Ces mêmes valeurs qui hurlent au scandale à la moindre petite défaillance souvent sans intérêt ! Au fond ces valeurs là permettent a minima de ne pas s'engager dans ce qui fait la force du courage : la grandeur ! C'est en ce sens que nous perdons notre autonomie, notre souveraineté, regardant passivement bien que râlant ce qui nous est servi tant par les médias écrits que télévisuels. Nous avalons des opinions, des idées, des paroles sans nous préoccuper du fond, donc de cette vérité qui nécessairement nous égratignerait si nous ne nous laissions berner par toutes ces distractions. Et puis une information en chasse une autre, à peine digérée, une autre la remplace sans que nous ayons eu le temps de discriminer ou plus précisément sans que nous ayons eu l'envie de le faire. Par le fait nous donnons de la puissance aux dérives de cette société et actons les actions politiques posées. Il n'y a pas de monde sans l'humain, il n'y a pas un autre éternellement responsable, nous sommes définitivement acteurs et de fait complices de ce que nous haïssons le plus.

« J’ai perdu le courage comme on égare ses lunettes. Aussi stupidement. Aussi anodinement. Perdu de façon absolue, si totale, et pourtant si incompréhensible. (…) L’apprentissage de la mort, est-ce celui du courage ? Savoir qu’il va falloir tenir alors que rien ne tient. Est-ce cela la vie ? La vie digne ? Comment apprendre le courage ? Comment reprendre courage ? Comment nourrir le courage pour qu’il ne vous quitte plus ? J’ai perdu courage alors même que je voyais la société dans laquelle je vivais être sans courage. J’ai glissé avec elle. Glissé en elle. Me mêlant chaque jour à cette négociation du non-courage. Là, il n’y a pas d’eau. Seulement la corrosion. C’est Naples et ses ordures. Nous vivons dans des sociétés irréductibles et sans force. Des sociétés mafieuses et démocratiques où le courage n’est plus enseigné. Mais qu’est-ce que l’humanité sans le courage ? (...) Je crois que sans rite d’initiation les démocraties résisteront mal. Je vois bien qu’il faut sortir du découragement et que la société ne m’y aidera pas. Comment faire ? Qui pour me baptiser et m’initier au courage ? Qui pour m’extraire du mirage du découragement ? Car il me reste un brin d’éducation pour savoir que cela n’est qu’un mirage. Qu’il n’y a pas de découragement. Que le courage est là ; comme le ciel est à portée du regard. »

Cynthia Fleury, , La fin du courage, publié en 2010 chez Fayard.

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Published by Cat
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