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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 10:54

 

Ecrivain, Poète, Daniel Tammet est doté de dons exceptionnels pour le calcul mental et l’apprentissage des langues. Ce jeune autiste britannique témoigne de capacités incroyables du cerveau humain : «Quand je fais une multiplication, je visualise les deux nombres et leurs deux formes distinctes. Puis l’image change. Une troisième forme apparaît : la réponse. Le processus s’effectue de lui-même. » À 28 ans, ce Britannique est autiste, atteint du « syndrome savant » (Asperger). Comme le héros du film Rain Man, il est capable d’effectuer des calculs mentaux très complexes en quelques secondes. Daniel Tammet a aussi le don des langues : il en parle onze, sans compter le mänti, un nouvel idiome créé par lui, inspiré du finnois et de l’estonien.
La clé de ces capacités hors normes tient en un mot : synesthésie, du grec syn (union) et aesthesis (sensation). Une condition neurologique rare par laquelle deux ou plusieurs sens sont associés. Elle permet le plus souvent de voir mentalement les lettres et/ou les chiffres en couleur. 

Il publie en 2007, "Je suis né un jour bleu" dont quelques extraits ci-dessous, en 2009 « Embrasser le ciel immense », un état des lieux des connaissances actuelles sur le cerveau.

 

Son troisième livre qui paraitra le 17 Janvier 2013 :« L´Éternité dans une heure », est un recueil d'essais abordant la magie des mathématiques.

 

Extraits Je suis né un jour bleu - Auteur Daniel Tammet

1ère phrase : Je suis né le 31 janvier 1979.

Dernière phrase : Ce serait un aperçu du paradis.

 

"On ne sait pas combien de personnes atteintes du syndrome savant bénéficient de procédés synesthésiques qui accroissent leurs performances. Et cela parce que beaucoup d'entre elles souffrent, comme Raymond Babbitt dans Rain Man, de déficiences mentales ou physiques qui les empêchent d'expliquer aux autres comment elles font ce qu'elles font. En ce qui me concerne, j'ai la chance de ne pas souffrir de l'un de ces handicaps sévères qui vont souvent de pair avec des capacités comme les miennes.
Ainsi que la plupart des individus qui souffrent du syndrome savant, je relève de ce qu'on appelle le « spectre autistique ». Je suis atteint du syndrome d'Asperger, une forme modérée du handicap qui en Grande-Bretagne affecte environ un autiste de haut niveau sur trois cents. Selon une étude de 2001 de la National Autistic Society, presque la moitié des syndromes d'Asperger ne sont pas détectés avant l'âge de 16 ans. Le mien a finalement été diagnostique à 25 ans, après des tests et un entretien au Centre de recherche sur l'autisme de Cambridge.
L'autisme, y compris le syndrome d'Asperger, se définit par l'altération des interactions sociales, de la communication et de l'imagination (surtout en ce qui concerne l'abstraction, la souplesse intellectuelle et l'empathie). Le diagnostic n'est pas facile et ne peut pas se faire par simple prise de sang ou scanner cérébral : les médecins doivent pouvoir observer le comportement d'un individu et étudier l'histoire de son développement depuis l'enfance.
Les personnes touchées par le syndrome d'Asperger se distinguent souvent par de bonnes aptitudes linguistiques et mènent une vie relativement normale. Beaucoup d'entre elles ont un QI légèrement supérieur à la moyenne et excellent dans des domaines qui impliquent la pensée logique et visuelle. Comme d'autres formes d'autisme, le syndrome d'Asperger affecte bien plus d'hommes que de femmes (environ 80 des autistes et 90 des personnes atteintes du syndrome d'Asperger sont des hommes). L'obstination, une forte tendance a se concentrer sur l'analyse des détails, ou encore la reconnaissance implicite des règles et des modèles qui organisent les systèmes sont des caractéristiques reconnues. Des dons particuliers dans les domaines de la mémoire, des nombres et des mathématiques sont courants. Personne ne sait pourquoi certains naissent avec le syndrome d'Asperger, et d'autres pas.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu une expérience visuelle et synesthésique des nombres. Ils sont ma langue maternelle, celle dans laquelle je pense et je ressens. Par exemple, comme j'ai du mal à comprendre ou à réagir aux émotions des autres, j'ai souvent recours aux nombres pour y arriver. Si un ami me dit qu'il se sent triste ou déprimé, je m'imagine assis au creux de la cavité noire d'un 6, et cela m'aide à faire l'expérience d'un sentiment similaire et a le comprendre. Quand je lis dans un article qu'une personne a été intimidée par quelque chose ou quelqu'un, je m'imagine debout a côté du nombre 9.
Lorsque quelqu'un me décrit un bel endroit qu'il a visité, je me souviens de paysages numériques et de la manière dont ils me rendent heureux. C'est ainsi que les nombres m'aident à être plus proche des autres.
Parfois, les personnes que je rencontre pour la première fois me rappellent un nombre particulier, ce qui me met à l'aise. Quand elles sont très grandes, elles me rappellent le nombre 9 ; quand elles sont grassouillettes, le nombre 3. Si je me sens malheureux ou angoissé par une situation nouvelle (ce qui de fait me stresse et me met mal à l'aise), je compte. Quand je compte, les nombres suscitent des images et des formes solides et rassurantes dans mon esprit. Je peux alors me détendre et gérer la situation, quelle qu'elle soit.
J'ai toujours aimé penser à des calendriers, à cause de tous les nombres et de toutes les formes qui s'y trouvent. Chaque jour de la semaine suscite des couleurs et des émotions distinctes : les mardis sont de couleur chaude alors que les jeudis sont pelucheux. Le calcul calendaire - la faculté de dire a quel jour de la semaine correspond une date - est une capacité commune a beaucoup de personnes touchées par le syndrome savant. Cela est probablement dû au fait que les calendriers sont constitués de nombres prévisibles et d'un agencement de formes particulières selon les jours et les mois. Quel que soit le mois, le treizième jour est toujours placé, dans la semaine, deux jours avant le premier, excepté les années bissextiles. De plus, certains mois se répondent l'un l'autre, comme février et mars (le premier jour de février est le même que le premier de mars). Ainsi, quand la texture du premier jour du mois de février d'une année donnée est pelucheuse (jeudi), le treizième jour de mars sera de couleur chaude (mardi).
Dans son livre L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau, l'écrivain et neurologue Oliver Sacks évoque le cas de John et Michael, des jumeaux atteints d'une forme lourde d'autisme. Ils représentent l'exemple extrême des capacités de calcul calendaire des personnes qui souffrent du syndrome savant. Bien qu'incapables d'être autonomes (diverses institutions les ont pris en charge depuis l'âge de 7 ans), les jumeaux peuvent calculer le jour de la semaine correspondant à n'importe quelle date des quarante mille dernières années."

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 17:04

 

 

 

Le temps n'est pas si intense, à ne former que des oublis et des vides, même en cadence.

 

Les mots s'entrecroisent, s'entrechoquent, pêle-mêle, dépareillés, sans rien dire réellement, qu'une répétition en écho, vague et informe.

 

Broyer le verbe, dans une frénésie de l'écrire, sans donner consistance aux événements qui se brouillent, s'accumulent dans une infinité de détails et qui pourtant exhalent, même échoués là sur le papier dans un écrit singulier, sans barrage, la perte essentielle.

 

Comme un ravage.

 

Se dire est toujours mentir, la vérité est définitivement variable et ne vaut que dans l'instant mais en outrepassant, il n'y a pourtant qu'une seule découverte à faire, sans doute une vérité une, celle qui, dans la solitude de son âme, au tréfonds, pose que nul ne peut jamais se découvrir !

 

Et là, à ce point précis, dépasser ce savoir qui n'est que non sens !

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 06:52

 

 

 

Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! »

 

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et

 

Le FMI se plante et met en cause les multiplicateurs ..

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 05:05

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 11:27

 

 

 

Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés,

qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.


Parce que les seuls gens qui m'intéressent sont les fous furieux,

les furieux de la vie,

les furieux du verbe, qui veulent tout à la fois.

[Sur la route - Jack Kerouac]

 

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Cirque du Soleil

http://www.cirquedusoleil.com/fr/home.aspx#/fr/home/europe/france.aspx

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 07:15

 

L'année 2013 sera miraculeuse, tout semble le laisser croire, d'ailleurs pour ceux qui ont écouté celui que l'on nomme Président, il s'agit de garder optimisme à défaut de raison gardée !

Nous avons eu droit à un Président empathique, ceux qui souffrent lui en sont nécessairement reconnaissants et puis l'empathie à cela de magique qu'elle permet d'annoncer sans le dire vraiment que le coup de pied au cul va continuer à être donné et même plus vastement encore, car le cadeau n'a nulle raison de ne pas être partagé par le plus grand nombre.

Ce qui est rassurant ce sont néanmoins ces petites phrases, pleines de bonnes intentions du style "je ne dévierai pas" qui évidemment prouvent s'il en est besoin que les mêmes effets généreront les mêmes résultats à savoir le merdier et 2013 en verra apparemment l'apothéose.

Ceci posé, il va s'agir de se débrouiller avec ça pour tenter de conserver le moral dans un pays normal dirigé par un président normal, sachant que comme son nom l'indique le fond a un fond et qu'une fois touché, il est invariable qu'il faille remonter .. Certes, le temps d'émergence n'est pas précisé mais c'est un détail.

Raison pour laquelle je ne modifierai pas grand chose à mon texte de 2012 sur le même sujet et ne rajouterai pas à l'hypocrisie ambiante qui consiste à souhaiter des vœux pieux qui d'ailleurs forcément jamais ne se réalisent. Je laisse à d'autres les "bonnetheureuseannéeeeeeee" et ce qui va avec.

De fait 2013 sera sans doute pire que 2012, le bordel ambiant continuera à enfler à peu près à la même cadence que les banques continueront à s'enrichir tout en appelant le bon peuple via l’État à les renflouer : crises obligent

En conséquence :

- Le chômage bat son plein turlututu chapeau pointu,

- les retraités comme les pauvres pensent que tôt ou tard on finira par les parquer loin des regards de la bien pensance ambiante qui a si peur de sa propre honte,

- les travailleurs, enfin ceux qui auront encore du taf, travailleront toujours moins pour de moins en moins,

- les exilés fiscaux continueront à se barrer, pas folles les guêpes,

- les assistés sociaux à se faire huer, ces fainéants non mais des fois,

- l'UMP à couler,

- la délinquance à s'expanser,

- les flics à se suicider

- et les restos du cœur à plonger.

Et oui en politique, rares sont les miracles, les hommes changent, les dicours et les résultats restent les mêmes et ça fait 30 ans qu'on nous sert la même chose et que sans rechigner, nous replongeons ! Trop fort !

Sinon, la délation battra son plein, Duflot s'y entend comme certains autres d'ailleurs (au moins elle a de bons petits soldats en position, si si j'en connais), tout ceci servi par des médias attentionnés craignant que nous nous ennuyassions et surtout sachant qu'il faut quand même garder présente cette chape permanente de plomb qui fait la sinistrose généralisée. Moins on a le moral, plus on a peur, moins on bouge, c'est bien connu mais heureusement Facebook nous permet notre petite révolution permanente sur les murs.

Je n'oublie pas au passage les petits veinards qui eux échapperont à ce grand merdome, ceux-là même qui en 2012 nous ont entubés avec une grande délectation et qui, en 2013, continueront à le faire. Il serait d'ailleurs bien dommage de leur gâcher le plaisir mais qu'ils se rassurent, cela n'arrivera pas, la révolution nécessite que des couilles poussent là où elles devraient pourtant être.

2013 s'annonce par conséquent plus pourrie encore que les précédentes, les dindes, chapons, huîtres etc. en auront encore payé un large tribu sans compter sans doute ceux qui se sont vautrés en bagnole à force de s'être souhaité, à coup de mauvais alcool -au delà d'un certain nombre de grammes l'alcool est mauvais-, une bonne et heureuse année dont ils ne verront pas la couleur même grisâtre.

Bref, sinon nous allons cuver tranquilles et pendant quelques jours, diétant à coup de soupes de légumes dépuratives et d'aspirine, se jurant qu'on ne nous y reprendra plus pour recommencer avec la même motivation délectable à la fin de l'année. La vie est donc décidément un éternel recommencement d'abrutissements nauséeux.

Au delà de tout ce cirque, une pensée à ceux pour qui demain sera pire qu'hier, à ceux pour qui les nuits sont froides, très froides sous les ponts même en cet hiver printanier, à ceux qui ont si peu d'espoir que souhaiter une belle année relèverait d'une honteuse outrecuidance.

Ne croyez surtout pas que je veuille du mal à qui que ce soit mais n'étant pas la bonne fée clochette ou la lutine des bisounours, vous souhaiter une mauvaise ou une bonne année n'aura absolument aucune incidence sur vous.

 

Allez sur ce bonne bourre à tous et vivement l'année prochaine qu'on remette ça !

 

 

 

 


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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 09:59

 

 

 

Nul ne s'interdit d'être joyeux, certains ne le sont pas ! Ces temps de fêtes, dégueulantes réveillent non pas une nostalgie, mais un soupçon de chagrin, une trace indélébile, quelque chose de définitif qui ne sait se dire vraiment ou alors par une violence, écrasante ..

Mais l'écriture a ceci de magique qu'elle efface au fur à mesure les maux qui se posent. Les mots dénaturent toujours le tragique, la folie, la colère et la rage en les menant ailleurs, par cette pratique du détachement que génère l'écriture qui pourtant les met en scène.

Les mots jouent tous les rôles* ils sont impudiques, violeurs, se présentent comme des confidences, des indiscrétions mais ils ne disent pas tout. Et d'ailleurs, seuls ceux qui ne se disent pas, ne s'écrivent pas, résistent au temps.

 

Des mots silencieux en guise d'absolu raffiné !

 

Ou bien de ces voeux muets d'heureuses fêtes comme des élégances en somme !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Duras

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 09:31

 

 

 

 

Dans ce monde où chacun hurle et soliloque sans action, il serait bon de faire silence.

Cioran a raison, l'idéal serait de n'avoir d'opinions sur rien et de s'occuper un peu plus de l'essentiel à condition d'avoir la capacité de le percevoir.

L'attention n'étant pas la qualité première de ceux qui blablatent sans fin, tellement noyés dans leurs miasmes, que tous leurs mots mis bout à bout, ne signifient rien !

Silence !

 

 

 

Trois heures de conversation, j’ai perdu trois heures de silence. La douceur de vivre a disparu avec l’avènement du bruit. Le monde aurait dû finir il y a cinquante ans ; ou, beaucoup mieux, il y a cinquante siècles.
Silence presque total. Ah ! Si tous ces gens persévéraient indéfiniment dans leur sommeil ! Ou si l’homme redevenait l’animal muet qu’il fut !
J’entends les cloches de Saint-Sulpice, je crois. Emotion soudaine. Irruption du passé dans une époque sinistre comme la nôtre. C’est tout de même un autre bruit que celui des voitures.
Rentrer en soi, y entendre ce silence aussi vieux que l’être, plus ancien même - le silence antérieur au temps.
On m’a raconté l’histoire d’une femme, sourde depuis trente ans, qui vient de recouvrer l’ouïe à la suite d’une opération et qui, atterrée par le bruit, a demandé qu’on lui redonne sa surdité...
Veille de Pâques. Paris se vide. Ce silence si inhabituel comme en plein été. Que les gens avant l’ère industrielle devaient être heureux ! Mais non. Ils ignoraient complètement leur bonheur, comme nous ignorons le nôtre. Il nous suffirait d’imaginer dans le détail l’an 2000 pour que nous ayons par contraste la sensation d’être encore au Paradis. Si la plus grande satisfaction qu’on puisse atteindre dérive de l’entretien avec soi dans la solitude, la forme suprême de "réalisation" est la vie érémitique.
Si seulement on avait le courage de ne pas avoir d’opinions sur quoi que ce soit ! Ou alors en émettre une devrait constituer un acte aussi important que prier. Se mettre en état d’oraison pour oser avoir une opinion ! C’est à cette seule condition que "la parole" pourrait acquérir quelque dignité ou reconquérir son ancien statut, si tant est qu’elle en eût un jamais dont elle pût être fière.
Pourquoi tout silence est-il sacré ? Parce que la parole est, sauf dans des moments exceptionnels, une profanation.
La seule chose qui élève l’homme au-dessus de l’animal est la parole ; et c’est elle aussi qui le met souvent au-dessous.
Je crois la parole récente, je me figure mal un dialogue qui remonte au-delà de dix mille ans. Je me figure encore plus mal qu’il puisse y en avoir un, je ne dis pas dans dix mille ans, dans mille ans seulement.
Je crois aux vertus du silence, je ne m’attribue quelque réalité que lorsque je me tais, et je parle, je parle, et nous parlons tous. Le vrai contact entre deux êtres, et entre les êtres en général, ne s’établit que par la présence muette, par non-communication apparente, comme l’est toute communion véritable, par l’échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure.
J’ai combattu toutes mes passions et j’ai essayé de rester encore écrivain. Mais c’est là une chose quasi impossible, un écrivain n’étant tel que dans la mesure où il sauvegarde et cultive ses passions, où il les excite même et les exagère. On écrit avec ses impuretés, ses conflits non résolus, ses défauts, ses ressentiments, ses restes... adamiques. On n’est écrivain que parce que l’on n’a pas vaincu le vieil homme, que dis-je ? L’écrivain, c’est le triomphe du vieil homme, des vieilles tares de l’humanité ; c’est l’homme avant la Rédemption. (...) C’est l’humanité tarée dans son essence qui constitue la matière de toute son œuvre. On ne crée qu’à partir de la Chute.
Tout ce que l’homme fait, il ne le fait que parce qu’il a cessé d’être ange. Tout acte en tant qu’acte n’est possible que parce que nous avons rompu avec le Paradis. Tout créateur s’insurge contre la tentation de l’angélisme.
Par tempérament je suis bavard, et tout ce que je puis avoir de bon, je le dois au silence.
Il est 1 heure du matin. Ce silence extraordinaire justifierait à lui seul l’adhésion à une forme quelconque d’espoir.
Le saint a raison de dire que le silence nous rapproche de Dieu. C’est quand tout se tait en nous que nous sommes à même de Le percevoir. Lui, c’est-à-dire quelqu’un ou quelque chose qui ne résiste pas à l’analyse, mais qui remplit néanmoins notre silence.
Le silence va plus loin que la prière, puisqu’il n’est jamais plus profond que dans l’impossibilité de prier. Tout silence dont on est conscient, qu’on cultive ou qu’on espère se ramène à une possibilité d’expérience mystique.

 

Emil Cioran

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:30

 

 

Si tu l’voyais
Se déhancher sur les vieux ports,
Il marche comme on pleure
Dans les brumes
Des matins gris.

St tu l’voyais,
La clope au bec
Et la musique, le blues,
Toujours à l’oreille.

Si tu l’approches,
Tu croiras qu’il fredonne,
Mais non
Il parle seul,
A un fantôme.

Si tu l’voyais,
Tu l’entendrais dire : si tu t’en vas,
Alors tu m’oublieras,
Tout s’oubliera

Parfois sur le quai,
Au bord de la jetée
Il s’arrête, respire
Regarde la mer,
Et attend des heures durant
Un improbable bateau.

Si tu l’voyais,
Tu saurais qu’souvent il a rêvé,
A ces terres lointaines
Dont on ne revient pas.

Puis la brume l’a enveloppé,
Les matins gris l’ont absorbé,
Et avec eux l’envie,
La mort est là qui sommeille,
Il le sait.

Si tu l’voyais continuer à parler,
A dire tous ces mots à son fantôme,
Celui qui un jour
L’a laissé là,
Comme on quitte les amours qui se meurent.

Si tu l’voyais,
tu saurais qu’il s’est accroché
A la peur
Celle qui fait tenir debout, encore
En attendant le triomphe de la mort
Au coin d’un quai, pas loin d'une jetée
Un matin brumeux d’un temps bien gris.

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 23:00


Il s’disait …

Il s’disait que c’était dingue c’qu’il entassait dans ses poches,
Un kleenex même pas propre,
D’la tune, pas la fortune,
Un ticket de métro, souvenir de Paname
Loin déjà tous ces souvenirs
Paname et les potes là bas,
Vague à l’âme
Puis au fin fond
enfoui, délavé, passé mille fois à la machine
Au moins
Un p’tit bout de post-it, froissé, à peine lisible
Et dessus un numéro de portable
Sans nom, chelou mais
sûrement important
sinon il l’aurait largué, sûr
Prise de tête pour savoir qui,
Appeler peut être
Un soir au hasard
Vers 18h quand tout est calme
Et puis non finalement
Il pense que le rêve est sûrement plus cool que la vraie réalité
Alors il l’a remis à sa place pour un énième lavage à venir,
Illisible il deviendra tôt ou tard
Il s’disait que c’était dingue c’qu’il entassait dans ses poches
Mais ce p’tit bout de papier
Resté là enfoui dans son jean
C'était un morceau de rêve !

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