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MEMOIRE DE CRIMINOLOGIE CLINIQUE

 

 

 

De la CRIMINOLOGIE GENERALE à la CRIMINOLOGIE CLINIQUE

 

 

 

 

 Toute copie, reproduction, diffusion, intégrale ou partielle, du contenu du présent mémoire par quelque procédé que ce soit est illicite à l'exception d'une unique copie sur un seul ordinateur et réservée à l'usage exclusivement privé du copiste.

 

Institut des Hautes Etudes en criminologie IHECRIM

Mémoire réalisé dans le cadre du Certificat des Hautes Etudes en criminologie Niveau 3

Années 2010/2011

 

 

 

 Introduction

 Sommaire

        I.      Définition de la criminologie

      II.      Naissance de la criminologie générale à nos jours, genèse et apports

a.      L’Ecole classique

b.      En parallèle : Quételet, Lavater, Gall

c.      L’avènement des aliénistes (naissance de la médecine mentale française)

d.      L’Ecole positiviste

e.      L’Ecole française

f.        L’entre deux guerres

 

            III.      De la criminologie générale à la criminologie clinique

 a.     L’approche clinique

b.     L’ouverture à la psychanalyse

c.     Les rapports de la psychanalyse à la criminologie

 

          IV.      Etudes de cas

 

a. - la paranoïa : Affaire Richard Durn

b. - la perversité : Affaires Joseph Vacher et Gilles de Rais

 

            V.      Conclusion

 

            Annexes 1 et 2

Notes

Bibliographie et liens internet

 

 

 

« Le grand criminel et l’humoriste forcent, dans la représentation poétique,

notre intérêt par le narcissisme conséquent avec lequel

ils savent tenir éloigné de leur moi tout ce qui l’amoindrit »

Freud

 Introduction :

Le Directeur de la célèbre prison de Sing-Sing aux Etats-Unis, Lewis E. Lawes, nous dit que « le crime est, dans l'une ou l'autre de ses phases, le thème principal de l'histoire et de la littérature. Le crime est aussi vieux et universel que l'humanité. On le trouve à chaque page de la Bible. Il est à la base de tous les grands poèmes épiques, des meilleurs romans et des opéras les plus illustres. Le crime fait partie de la vie quotidienne et il intervient directement ou indirectement dans la vie de tous les hommes ».

 

Le crime sériel reste toujours incompréhensible, énigmatique et revêt un caractère d’autant plus interrogateur qu’il semble sans raison ni logique. Ainsi nous nous trouvons confrontés à un univers qui nous échappe, pris entre l’horreur et une certaine forme de fascination. Le crime, pris dans cette optique, est un passage à l’acte selon ce que Lacan entend du passage à l’acte, à savoir qu’il est sans parole, qu’il n’a pas de sens.

Nous tenterons dans ce mémoire d’approcher les différents comportements criminels du point de vue de la clinique psychanalytique et par ce biais de leur trouver un sens possible.

 

 

I.                    Définition de la criminologie

Maurice Cusson définit la criminologie comme une science qui étudie les caractéristiques et les causes du phénomène criminel. Elle propose un tableau d'ensemble et un savoir rigoureux sur le crime et tout ce qui s'y rapporte. Ainsi peut-on dire que la criminologie est avant tout une approche descriptive contrairement aux sciences juridiques puisqu’elle tente d'expliquer les comportements criminels dans la société comme leurs impacts.

La criminologie (du latin crimen, « accusation, grief » et du grec ancien λόγος (logos), « science, discours ») est la science qui étudie les facteurs et les processus de l'action criminelle et qui détermine, à partir de la connaissance de ces facteurs et de ces processus, les moyens de lutte les meilleurs pour contenir et si possible réduire ce mal social.

La criminologie est un champ de recherches pluridisciplinaire qui fait appel à de nombreuses autres disciplines allant de la psychologie, au droit, en passant par la sociologie ou l'économie.

 

II.         Naissance de la criminologie à nos jours, et genèse

 

a.         Ecole Classique :

C’est en 1764, lors de la parution de son ouvrage « des délits et des peines » que le juriste, philosophe, économiste et homme de lettres italien, Cesare Beccaria Bonesana, se basant sur le principe du "Léviathan" de Hobbes (1) fonde le droit pénal moderne et développe la première argumentation contre la peine de mort qu’il juge barbare. Il y développe également les notions de libre arbitre, de responsabilité individuelle et de prophylaxie sociale (actions de prévention et de luttes contre les fléaux sociaux partant du principe qu’il vaut mieux prévenir les crimes que d'avoir à les punir).

La première école dite « école classique » voit donc le jour à cette date et c’est Jeremy Bentham, économiste et jurisconsulte, qui lui donnera son assise utilitariste grâce à son ouvrage « Moral calculus ».  La devise de J. Bentham pourrait être « le plus grand bonheur du plus grand nombre », ainsi il imaginera un type d’architecture carcérale appelée « structure panoptique » (en étoile) dont l’objectif est de permettre à un individu, positionné dans une tour centrale, d’observer l’ensemble des prisonniers enfermés dans des cellules individuelles sans que ceux-ci sachent qu’ils sont observés, la visée étant de générer un « sentiment d’omniscience invisible » chez les détenus.

Dans son ouvrage « Surveiller et Punir », Michel Foucault, philosophe et historien, attire particulièrement notre attention sur cette structure en faisant le modèle abstrait d'une société disciplinaire, inaugurant une longue série d'études sur le dispositif panoptique. Le philosophe Rousseau, dans son Contrat Social, développera l’idée « d’ennemi public ».

L’ensemble de ces travaux aura un impact important sur notre vision en matière de justice, dans notre approche du criminel et la manière de le traiter. Ces travaux continueront d’évoluer, s’enrichissant notamment avec le droit, la pénologie et la prophylaxie, ce qui formera alors l’École néoclassique.

 

b.         En parallèle, il nous a paru nécessaire de citer les travaux de :

 

Lambert Adolphe Jacques Quételet (1796-1874), mathématicien, statisticien, météorologue qui développera l’idée que la société exerce de fait une action sur le penchant au crime et que, par ailleurs, la régularité des crimes ne s’explique pas seulement par la nature des hommes.

 

Johann-Kaspar Lavater ou Gaspard Lavater (1741-1801), théologien suisse et écrivain de langue allemande qui dans son ouvrage sur la physiognomonie : L’Art de connaître les hommes par la physionomie tente de montrer les ressemblances des individus avec diverses têtes d’animaux, recherchant les parallèles entre les deux parties : juger la personne intérieure par l’extérieur : « La physiognomonie est la science, la connaissance du rapport qui lie l’intérieur et l’extérieur, la surface visible, à ce qu’elle couvre d’un visible (...) ; elle se propose de connaître les signes sensibles de nos forces et de nos dispositions naturelles ».

Franz Joseph Gall (1758-1828), médecin allemand, considéré comme le père fondateur de la phrénologie, qui visait à déceler les facultés et les penchants des hommes par la palpation des reliefs du crâne. Pour F.J. Gall, il était possible, en palpant le relief du crâne, d’apprécier l’importance relative des centre cérébraux et par conséquent de déceler les qualités et le caractère du sujet examiné.

a.      L’avènement des aliénistes (naissance de la médecine mentale française (1800-1860) :

Philippe Pinel (1745 -1826), aliéniste français, à qui l’on doit la première classification des maladies mentales. Son importance sur la psychiatrie et le traitement des aliénés en Europe et aux États-Unis fut d’importance. P. Pinel bouleversera le regard porté sur les fous et déterminera dans son "Traité médicophilosophique de la maladie mentale ou la manie" paru en 1801 que le fou n’est pas un insensé, qu’il est possible -sa raison n’étant pas totalement perdue- d’entrer en communication avec lui. Cette approche entraînera la création de l’asile,  lieu non pas seulement d’enfermement mais aussi lieu de traitement moral par la psychothérapie.

 

Jean-Étienne Dominique Esquirol (1772-1840), psychiatre français, considéré comme le père de l'hôpital psychiatrique français. Il inspira la loi de 1838 engageant chaque département à se doter d’un hôpital spécialisé. J-E. D. Esquirol développera dans sa thèse de 1805 « les passions  

considérées comme causes, symptômes et moyens curatifs de l'aliénation mentale". Nommé Médecin-surveillant à la division des folles de La Salpêtrière, il entreprendra un tour de France des lieux d’enfermement des aliénés et en 1819 écrira un rapport au Ministère de l’Intérieur sur les « établissements consacrés aux aliénés en France et des moyens de les améliorer ». J-E. D. Esquirol et P. Pinel, voient dans la folie des causes physiques et morales et ramènent les maladies mentales à quatre groupes principaux :

Ø      la démence,

Ø      l'idiotie,

Ø      la manie,

Ø      les monomanies.

 

Antoine Laurent Jessé Bayle (1799-1858), médecin et aliéniste français, célèbre pour la première description faite de la paralysie générale (ou neurosyphilis). En 1822, sa thèse portera sur les « Recherches sur les maladies mentales » dans laquelle est décrit un état de démence avec paralysie générale. Il est intéressant de noter que les aliénistes vont chercher, pendant un demi-siècle, à appliquer à la pathologie mentale le modèle anatomoclinique de Laurent Bayle (la paralysie générale ancien nom de la méningo-encéphalite de la neurosyphilis) dont les principaux signes cliniques sont la démence, les troubles de la mémoire, de l'élocution, un délire à thème de mégalomanie avec un état de manie, des tremblements et divers signes neurologiques. La psychiatrie lie alors son sort à la neurologie recherchant les lésions du système nerveux.

 

Jacques-Joseph Moreau (1804-1884), psychiatre français, aussi connu sous le nom de Jacques-Joseph Moreau de Tours , découvrira les effets du chanvre indien (cannabis) et  décrira les accès de confusion hallucinatoire dus à l’absorption de haschich. Il est le premier médecin à avoir pratiqué un travail systématique sur l'activité des drogues dans le système nerveux central et a avoir classé, analysé et enregistré ses observations. Il publie en 1845 un livre « Du Hachisch et de l’aliénation mentale ».

 

Bénédict Augustin Morel (18091873), psychiatre franco-autrichien, théorisera les notions de dégénérescence en tant que processus graduel dont les manifestations s’aggravent d’une génération à l’autre entraînant au bout du compte une infertilité des descendants, et une démence précoce chez les jeunes. Il nomme « délires émotifs » les phobies.

 

Jean-Pierre Falret (17941870), psychiatre français, est célèbre pour ses découvertes en psychiatrie et notamment concernant la description de ce qu’il a nommé la « folie circulaire » et les accès qui lui sont liés, à savoir la manie et la mélancolie en tant qu’évolution d’une seule et même maladie ; elle sera nommée par la suite par Emil Kraepelin : « psychose maniaco-dépressive » plus ou moins correctement remplacée de nos jours par la notion de « troubles bipolaires ».

d.         L’Ecole positiviste :

Pour autant, c’est à Cesare Lombroso (1835-1909), professeur italien de médecine légale, que l’on attribuera le commencement officiel de la criminologie en tant que science du crime, et à l’Ecole positiviste qui en découle à savoir l’Ecole italienne de criminologie dont il est le fondateur accompagné pour ce faire non pas de médecins mais de juristes et hommes politiques :

Enrico Ferri (1856-1929), criminaliste et homme politique italien, qui, à côté des facteurs criminogènes individuels, va insister sur les facteurs physiques ainsi que sociaux et économiques et distingue cinq catégories de criminels :

ü      les criminels-nés,

ü      les criminels-aliénés,

ü      les criminels par habitude acquise,

ü      les criminels passionnels

ü      et les criminels d’occasion.

Et Raffaele Garofalo (1851–1934), Magistrat et criminaliste italien, qui aura les mêmes approches mais qui basera sa conception du crime non sur la violation du droit mais sur celle du sentiment et notamment les sentiments altruistes primordiaux que sont la pitié et la probité.

Ceux-ci s’opposent donc aux positions de l’école précédente et rejettent l’idée d’un libre arbitre stipulant que l’individu est entièrement sous contrôle de sa nature, de son état psychologique et de son environnement social. Dans son ouvrage paru en 1876  « L'homme criminel »  (L'Uomo deliquente), C. Lombroso développe la thèse selon laquelle la délinquance serait nettement plus fréquente chez certaines personnes porteuses de caractéristiques physiques, ce qui prône le caractère inné de certains comportements, rejetant ainsi les conceptions sociologiques selon lesquelles les déviances seraient les conséquences du milieu.

Partant de ce postulat, C. Lombroso va approfondir les recherches en matière d'anthropologie liées aux questions de criminalité. Sa qualité de médecin militaire lui fournira un lieu privilégié d’observation axée principalement sur les soldats « délinquants » sur lesquels il réalisera des études anthropométriques. Ainsi il va observer sur des milliers de crânes d’individus condamnés pour des actes criminels, la fréquence de certaines caractéristiques qui le convaincront de l’inné de la criminalité, portant à 1/3 le facteur héréditaire de la population criminelle. La criminalité, selon lui, serait une marque d’atavisme, ou autrement dit de régression évolutive.

Selon lui, certaines catégories de délinquants ont leurs propres caractéristiques crâniennes, ce qui permet de les distinguer. D’autres critères anatomiques, en dehors du crâne, seront utilisés : la longueur « excessive » des bras rapprochant les criminels des singes, une dentition anormale, ou encore le fait d’avoir des doigts de pied ou de main en trop. C. Lombroso étudiera également les tatouages, qu’il qualifiera de réminiscence de pratiques « sauvages », touchant plus spécifiquement les classes inférieures comme les prostituées, les « pédérastes » et les « criminels », précisant que le dessin ou l'inscription porte souvent l'« empreinte caractéristique du crime ».

e.         L’Ecole française :

L’école française, quant à elle, va s’imposer en 1885 à Rome lors du premier congrès international d’anthropologie criminelle au cours duquel le Docteur Alexandre Lacassagne (1843-1924), professeur de médecine légale à la Faculté de Médecine de Lyon, affirmera dans son introduction « la priorité de la filiation française sur les travaux de l’école italienne ». Au sein de cette école française se regrouperont le fondateur de la phrénologie, François-Joseph Gall (1858-1828) ; le philosophe Auguste Comte (1798-1857) et le DocteurBénédict-Augustin Morel (1809-1873), ainsi que certains médecins français partageant les mêmes idées et évoquant « les facteurs sociaux du crime », contestant partiellement la thèse du criminel-né émise par C. Lombroso. C’est à cette époque que sera créée la revue « les Archives de l’anthropologie criminelle » dans laquelle seront régulièrement publiés des articles sur le sujet (1886 à 1914).

Cette école française se démarquera de l’école italienne, en adoptant non pas le terme « criminologie » mais le terme d’« anthropologie criminelle » qui, s’il fut contesté à l’époque, recouvrait l’ensemble des aspects du phénomène criminel.

 

En réalité, et comme le souligne Laurent Mucchielli, les deux écoles sont intellectuellement (car professionnellement) très proches car : « Le substrat biologique du crime ne fait à leurs yeux aucun doute », cette approche fera l’objet, à la fin des années 1880, de l’intervention contre des premiers sociologues universitaires, notamment :

·                    En 1886/1890, Gabriel Tarde, à travers notamment ses ouvrages sur « La criminalité comparée » et « La philosophie pénale » ;

·                    En 1887, Henri Joly, qui intervient à la Faculté de droit de Paris dans un cours sur la « science criminelle et pénitentiaire » (2)

·                    En 1897, le groupe fondé par Émile Durkheim autour de la revue L'Année sociologique et qui va tenter de définir une sociologie criminelle (Mucchielli, 1998 (3)).

f.          L’entre 2 guerres :

Les recherches françaises dans ce domaine s’épuisent alors que dans le même temps prédomine la production sociologique internationale des travaux américains autour de l’École de Chicago, travaux qui demeurent méconnus en France.

En fait et pendant cette période s’affirme la criminologie des juristes et des médecins intervenant au pénal, médecins légistes et experts psychiatres, tandis que la psychanalyse fait son entrée.

La sociologie du crime disparaît pour réapparaître dans les années 1950-1970 malgré des conflits persistants entre les différentes approches cliniques et sociologiques, conflits qui finiront pas s’estomper et les recherches en matière de crime connaîtront une croissance au sein des sciences sociales.

III.        De la criminologie générale à la criminologie clinique

a.         L’approche clinique

En 1950-1970, Jean Pinatel, Inspecteur général de l’administration pénitentiaire, se présente d’abord comme spécialiste de « science pénitentiaire » puis de « criminologie », matières qu’il enseignera pendant des années à l’Institut de criminologie de Paris. J. Pinatel reprend le concept développé par R. Garofalo le considérant comme le concept de base de la criminologie clinique qui permet d’étudier le délinquant suivant trois directions :

§         l’observation,

§         l’interprétation,

§         l’expérimentation.

J. Pinatel va introduire une théorie cadre de la criminologie en établissant une typologie comportementale caractérisant le criminel ou le délinquant :

Typologie comportementale (en criminologie clinique, la théorie de Jean Pinatel)

Noyau central                       - labilité

-indifférence affective

                                               -agressivité

                                               -égocentrisme

 

Ce noyau que nous avons tous à différents niveaux est une acquisition et non un état pathologique et l’acte criminel ne peut avoir lieu que si ces quatre éléments sont présents.

 

Le reproche adressé à J. Pinatel est de n’avoir pas conceptualisé sa théorie et de ne pas avoir répondu à la question de savoir si ces traits sont acquis ou innés. Pour autant, 3 chercheurs ont opérationnalisé cette théorie =  Favart et Leblanc et Fréchette. Anne-Marie Favart est arrivée à la conclusion que la théorie est opérationnelle (Sauvegarde de l’enfance du Pays Basque).

 

Dans le domaine de la délinquance juvénile et dans les traces de J. Pinatel, citons, entre autres car tous ne peuvent apparaître ici : Robert Cario dont les travaux porteront sur le phénomène de la criminologie c’est-à-dire la « science multidisciplinaire ayant pour objet l’analyse globale et intégrée du phénomène social provoqué par les actes criminels dans leur genèse et leur dynamique sous la double dimension individuelle et sociale à des fins de prévention et de traitement » et Travis Hirschi, bien connu en criminologie pour son fameux Causes of Delinquency paru en 1969, est une figure marquante des théories explicatives de la délinquance. Son concept de "lien", décrivant l'attachement aux parents, l'engagement, l'implication et la croyance, fait maintenant partie des grandes théories de la délinquance, au même titre que l'anomie (E. Durkheim, R.K. Merton), l'association différentielle (E. Sutherland), les conflits culturels (T. Sellin), la désorganisation sociale (C. Shaw et H.D. McKay), la tension (R. Cloward et L. Ohlin) et les théories intégratives (D. Elliott, M. LeBlanc).

 

b.         L’ouverture à la psychanalyse

 

D’une certaine façon, C. Lombroso, grâce à son ouvrage « L’homme criminel », a permis d’assouplir progressivement la théorie héréditariste du criminel-né engageant à un questionnement psychosociologique sur le criminel et son acte, imposant notamment un examen définissant une personnalité particulière, des traitements adaptés et des conditions de détention et de réhabilitation adéquates.

 

Dans sa suite, Etienne de Greeff (1898-1961), médecin psychiatre belge enseignant à l'Université Catholique de Louvain, va poursuivre des études sur les conduites déviantes ou délinquantes à partir de sa pratique clinique et ne cessera de s’interroger sur le « comment un clinicien peut avoir accès au vécu de son patient lambda ou délinquant, comment le comprendre, en dire quelque chose, pouvoir y répondre sur le plan du diagnostic voire du pronostic, et éviter de réduire l’autre à l’état d’objet » ou autrement dit « comment voir l’homme ? » et va définir :

 

-      La criminalité en tant que mode particulier d’habiter le monde ;

-  Résident, dans chaque criminel, un violent sentiment d’injustice subie, une profonde auto-dévalorisation, une indifférence à l’égard d’autrui, une grande inhibition affective.

 

 

 

 

 

 

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