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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 10:43

 

 

C’était un de ces dimanche morne et sans saveur, s’étirant en longueur. Tout ronronnait, le chat, la pluie, moi aussi.

Il aurait fallu sortir du réel, s’inventer un jour différent, un ailleurs verdoyant, des cris, un soleil comme un rire, aux éclats, de l’amour comme une œuvre d’art ; enfin ne plus se réduire en un point confus, presque inexistant, un moment perdu suspendu à rien. Les dimanches sont comme les vieux, assis le regard perdu, sur ces bancs, passant le peu de temps qu’il leur reste sans plus le vivre, attendant là ce qu’ils craignent et qui pourtant s’annonce, la mort ! Mais la vie n’est-elle pas essentiellement supportable que parce qu’on sait qu’elle finira* ?

 

Finir, stopper, ou alors recommencer mais comment ? Faire comme un vieux ruisseau fougueux qui, subitement, quitterait son lit, apeuré mais décidé, pour se jeter dans l’inconnu ?

 

Je marchais dans ces rues désertes et humides, attendant un charme, une sorte de miracle dont j’aurais été le créateur mais les murs que l’on construit au fil des années, avec application, sortis tout droit d’un triste cerveau sans imagination, ne s’écroulent pas si facilement.

 

Quelle serait cette nécessité de vérité à trouver, que sait-on de la réalité de la vie, qui au fond ne fait que nous fuir comme ces rêves qui, au réveil, nous échappent. Pour autant, il y a là comme le sentiment d’un tout possible, peut-être faudrait-il juste un quart de tour de la pensée, un saut quantique de l’autre côté, là où les jardins embaument, comme un paradis perdu donc nécessairement à retrouver. Là où les mots comme des abimes ne diraient plus rien. Et faire preuve de vivacité passionnée, alors il arriverait quelque chose, comme une invention, et puis trouver la note exacte le "La" dans lequel se concentre toute la mélodie, exploser la vie ?

 

Enfin juste un instant devenir génial dans un désir condensé qui ferait cesser de penser à plat, et oublier l’angoisse insupportable de l’inconvénient d’être né. Et puis, ne pas se suicider de suite, puisqu'il y a encore et forcément quelqu’un à décevoir**.

 

L’homme est une fiente**, absurdement médiocre, je n’échappe pas à cette règle même si de toute ma peau, je m’en défends. L’angélisme est un leurre et il faudrait cesser de se croire légitime puisque ce n’est que de l’Autre que cela provient. Prendre la mesure de sa propre disparition, comme chacun, tel un fétu de paille balloté par le vent mauvais des dimanches mornes et sans saveur.

 

 

*Lacan

**Luchini /Cioran

 

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Photo via Sylvie Esquisse

 

 

 

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 11:22

 

 

 

 

Mes textes sont, paraît-il, tristes ... Marrant car je n'aurais pas employé ce mot ! Certes, je conçois bien que la lucidité ne soit pas forcément quelque chose d'agréable, à plus fortes raisons quand on la met en scène par écrit et qui plus est sur un blog qui a pour visée potentielle d'être lu .. vraiment lu, ce qui au demeurant est assez rare ! En tous cas, le bonheur m'a toujours paru suspect, dans un monde tourmenté où la vie n'est pas, et c'est le moins que l'on puisse dire, en permanence réjouissante, loin s'en faut, les instants de sérénité sont forcément rares. Comme le monde des bisounours, le tout merveilleux et les ptits zoziaux bien que chantant, me hérissent sacrément le poil, j'ai une nette tendance à dire les choses non pas telles qu'on voudrait qu'elles soient mais telles qu'elles sont, c'est-à-dire globalement chiantes !

 

La vie n'est pas un long fleuve tranquille, que ceux qui le pensent et le vivent surtout me jettent la première pierre. Je n'ai ceci dit rien contre les gens heureux mais le bonheur à toutes heures me paraît assez étrange, tout autant d'ailleurs que le bonheur soudain, comme si toute la merde était effacée d'un coup de balai chiottes ... Sans compter ce bonheur dégoulinant que certains sans pudeur vous foutent à la gueule, comme pour vous convaincre qu'il existe .. En tous cas, le tout lisse, tout beau en permanence doit quand même au bout d'un moment ne plus être très excitant! 

 

Donc je ne me tape pas le cul par terre de joie tous les 4 matins et j'ai globalement plus d'emmerdes et de frustration que de joies débordantes !

 

’ Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-GRAND-CORPS-MALADE,JE-DORS-SUR-MES-2-OREILLES,102341187.html
J’ai constaté que la douleur était une bonne source d’inspiration Et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction La colère et la galère sont des sentiments productifs Qui donnent des thèmes puissants, quoi qu’un peu trop répétitifs A croire qu’il est plus facile de livrer nos peines et nos cris Et qu’en un battement de cils un texte triste est écrit On se laisse aller sur le papier et on emploie trop de métaphores Pourtant je t’ai déjà dit que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai décidé de changer de thème D’embrasser le premier connard venu pour lui dire je t’aime Des lyrics pleins de vie avec des rimes pleines d’envie Je vois, je veux, je vis, je vais, je viens, je suis ravi C’est peut-être une texte trop candide mais il est plein de sincérité Je l’ai écrit avec une copine, elle s’appelle Sérénité Toi tu dis que la vie est dure et au fond de moi je pense pareil Mais je garde les idées pures et je dors sur mes 2 oreilles Evidemment on marche sur un fil, chaque destin est bancal Et l’existence est fragile comme une vertèbre cervicale On t’a pas vraiment menti, c’est vrai que parfois tu vas saigner Mais dans chaque putain de vie, y’a tellement de choses à gagner J’aime entendre, raconter, j’aime montrer et j’aime voir J’aime apprendre, partager, tant qu’y a de l’échange y’a de l’espoir J’aime les gens, j’aime le vent, c’est comme ça je joue pas un rôle J’ai envie, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai hâte, j’ai faim et j’ai la gaule J’espère que tu me suis, dans ce que je dis y’a rien de tendancieux Quand je ferme les yeux, c’est pour mieux ouvrir les cieux C’est pas une religion, c’est juste un état d’esprit Y’a tellement de choses à faire et ça maintenant je l’ai compris Chaque petit moment banal, je suis capable d’en profiter Dans la vie j’ai tellement de kifs que je pourrai pas tous les citer Moi en été je me sens vivre, mais en hiver c’est pareil J’ai tout le temps l’œil du tigre, et je dors sur mes 2 oreilles je me sens pas le plus chanceux mais c'est pas moi le plus à plaindre Et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre Alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs Moi quand je regarde par la fenêtre je vois que le béton est en fleur J’ai envie d’être au cœur de la ville et envie d’être au bord de la mer De voir le delta du Nil et j’ai envie d’embrasser ma mère J’ai envie d’être avec les miens et j’ai envie de faire des rencontres J’ai les moyens de me sentir bien et ça maintenant je m’en rends compte Je voulais pas écrire un texte « petite maison dans la prairie » Mais j’étais de bonne humeur et même mon stylo m’a souri Et puis je me suis demandé si j’avais le droit de pas être rebelle D’écrire un texte de slam pour affirmer que la vie est belle Si tu me chambres je m’en bats les reins, parfois je me sens inattaquable Parce que je suis vraiment serein et je suis pas prêt de péter un câble La vie c’est gratuit je vais me resservir et tu devrais faire pareil Moi je me couche avec le sourire et je dors sur mes 2 oreilles La vie c’est gratuit je vais me resservir et ce sera toujours pareil Moi je me couche avec le sourire et je dors sur mes 2 oreilles Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-GRAND-CORPS-MALADE,JE-DORS-SUR-MES-2-OREILLES,102341187.html

M'enfin, je suis debout quand même et plus que certains d'ailleurs, et au milieu d'un fatras parfois sacrément pesant, je continue sans me noyer ni dans l'alcool ni dans la came ni dans un réel désespoir ou encore dans le tout baigne yallaaaaaaa !

 

Moi j'ai pas de phrases clé en main pour effacer le malheur, ni comme l'écrit Grand Corps malade, la capacité d'embrasser le premier connard venu pour faire éclater à la face du monde cette grande joie qui soudainement me transporterait.

 

La vie c'est marcher sur un fil au dessus du vide, qu'on le veuille ou non et c'est même pas une question de bonne ou de mauvaise étoile, c'est comme ça ! il n'y a pas de justice de naissance, il n'y a pas d'égalité des chances !

 

Mesurer le bancal de son existence, c'est au moins faire face les jours de grande tourmente, sans vraiment tomber, sans vraiment sombrer .. ça s'appelle avancer quand même en n'oubliant jamais que le pire peut-être là, à frapper à chaque instant.

 

Je veux bien croire que le bonheur se construit, mais chacun a sa notion de ce qu'il doit être. Etre réaliste c'est une façon de goûter une forme de bonheur, ne jamais se laisser avoir, et kiffer quand même la vie, et puis admettre aussi que sa propre vie ne vaut pas forcément grand chose mais que quand même rien ne vaut la vie !

 

Puis j'ai pas envie d'expliquer, ce que j'écris est un reflet de moi-même, un tout petit reflet car aucun individu tient entier au creux de quelques mots, c'est bien plus complexe ... Certes, je pourrais sans doute trouver les mots pour expliquer pourquoi telle écriture plutôt qu'une autre, aller chercher des souvenirs à la con, mais pour quoi faire, il n'y a pas d'attentes là dedans, de rien ni de personne, et c'est bien là la force, et une liberté totale...

 

Les textes, faut les lire vraiment, les sentir, rentrer dedans sans rien en faire de plus .. Les prendre comme ils sont ou pas .. s'en imprégner oui mais sans identification .. Aucune vie ne ressemble à une autre, chacun se traîne ses hivers, les miens sont parfois glacials ! Mais j'ai aussi de beaux printemps !

 

Et comme dit Ferré, "Le désespoir est une forme supérieure de la critique"  ou encore "La lucidité se tient dans mon froc" !  

 

Voilà où se trouve ce que d'aucuns appellent tristesse et que moi je nomme lucidité sans concession avec certes une pointe de désillusion  .. dans mon froc !

 

 

 

 

 

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Illustration Mickael Parkes

http://www.piersidegallery.com/artists/parkes/

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 03:54

 

C'était mieux Avant* ...

 

Cet 'Avant' n'est pas dans un temps défini, il se détermine dans une mémoire qui n'en a pas ou alors de manière très relative. Les souvenirs sont toujours des fictions, des utopies évitant de nous engager non pas dans un hier mirifique mais dans un présent lucide.

 

'Avant' est une fuite, une fuite en 'avant' de laquelle rien n'émerge. Acte manqué par excellence à l'instar d'un présent qui, quant à lui, relèverait d'un acte réussi. C'est un leurre qui raconte une vie, dans sa non vérité, un souvenir dont la mémoire se joue, le fantasme écran d'un réel impossible à se remémorer.

 

Si les mots sont toujours au coeur de l'espérance, 'Avant' n'y échappe pas et pourtant c'est un mot stoppé, frappé d'impuissance.

 

'Avant' :  la 5ème saison, l'arrière pays, insituable, une uchronie !

 

Le temps n'a pas d'existence, le temps ne passe jamais, nous humains passons en coupant ce "temps" en tranches, en 'Avant'.

 

La mémoire aime à censurer, elle retient ceci -un 'Avant' dans ce qu'il aurait d'éminemment agréable- plutôt que cela dans son insupportable nudité.

C'est une quête sans fin que cet 'avant', le point d'origine ne peut jamais être atteint.

 

L'oubli est une chance, 'Avant' dans ce cas devient un oubli de la mémoire, un vide de mémoire, vide dans lequel alors tout peut se créer, de l'incisif, de l'inédit, de l'incivilité, du magique ...

 

'Avant' est mort et maintenant ? 

 

 

 

 

* AVANT de JB Pontalis

 

 

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l'image est un clin d'oeil ... car il y eut un "Avant" .. dont chacun se souviendra quoique .. la mémoire parfois .. 

 

 

 

 

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 09:59

 

 

 

Nous vivons une époque majestueuse, cernés que nous sommes par la bêtise qui pense comme dirait Luchini, rien de pire pour choper effectivement de bonnes crises d'urticaire .. !

 

Je lis par ci par là au hasard des événements, la mise en forme de l'arrogance de ceux qui croient détenir la science infuse et n'hésitent pas à le proclamer, à se demander pourquoi ils se défendent tant d'être simplement médiocres !

 

Entre bons sentiments et mauvais, ma foi, il n'y a qu'un infime pas, un infime espace, au final c'est du pareil au même, la même sombre crétinerie en action !

 

Le pire est encore ces dégueulis d'éternels redresseurs de torts qui oublient que leur paillasson est maculé de merde et sursoient au passage d'y donner un petit coup de balai ! Ceux-là vous la baillent belle, vous laissent tout pantois devant autant de suffisance !

 

Je me suis toujours interrogée sur ce que cache ces parades infantiles, toutes en joutes verbales qui d'ailleurs n'apportent rien, juste une impression de néantisation, un vide ! Quelle peut-être la raison de la parade agressive, par exemple, qui déglingue sans expliquer si ce n'est justement de bâillonner celui qui serait tenté légitimement d'interroger ? J'y sens bien une espèce de jubilation évidemment, un trop plein de jouissance béate, hystérie et doxa réunies, en tous cas sans doute la soif abyssale d'exister !

 

Exister, voilà donc bien la formule, être quelque chose plutôt que rien ou pas grand chose, au fond pour ce faire il suffit de choisir son camp, l'ordurier ou le pseudo bien-pensant et de lalanguer pour éviter de communiquer ..

 

Le pompeux est un âne burlesque, une mouche du coche qui m'insupporte, un cabotin !

 

Il y a dans ce paysage de la bêtise grandiloquente quelque chose de si profondément apathique qu'on pourrait être tenté d'en rire ..

 

Mais voilà le rire ne sait guère s'arranger du tragique !

 

 

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 06:54

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L'année 2014 sera miraculeuse, tout semble le laisser croire, d'ailleurs pour ceux qui écouteront celui que l'on nomme Président, il s'agit de garder optimisme à défaut de raison gardée !

Nous avons un Président empathique (sabre en avant tout de même) et ceux qui souffrent lui en sont nécessairement reconnaissants et puis l'empathie a cela de magique qu'elle permet d'annoncer sans le dire vraiment que le coup de pied au cul va continuer à être donné et même plus vastement encore, car le cadeau n'a nulle raison de ne pas être partagé par le plus grand nombre.

Ce qui est rassurant ce sont néanmoins ces petites phrases, pleines de bonnes intentions que le bon président ne manquera sans doute pas de nous servir lors de son allocutation apparemment peu atendue. Les mêmes effets généreront donc les mêmes résultats à savoir le merdier et 2014 en verra apparemment l'apothéose, apothéose ne voulant pas dire fin.

Ceci posé, il va s'agir de se débrouiller avec ça pour tenter de conserver le moral dans un pays normal dirigé par un président normal, sachant que comme son nom l'indique le fond a un fond et qu'une fois touché, il est invariable qu'il faille remonter .. Certes, le temps d'émergence n'est pas précisé mais c'est un détail.

Raison pour laquelle je ne modifierai pas grand chose à mon texte de 2013 sur le même sujet et ne rajouterai pas à l'hypocrisie ambiante qui consiste à souhaiter des vœux pieux qui d'ailleurs forcément jamais ne se réalisent. Je laisse à d'autres les "bonnetheureuseannéeeeeeee" et ce qui va avec.

De fait 2014 sera sans doute pire que 2013, le bordel ambiant continuera à enfler à peu près à la même cadence que les banques continueront à s'enrichir tout en appelant le bon peuple via l’État à les renflouer : ah ces crises qui durent et perdurent et n'arrangent toujours que les mêmes !

En conséquence :

- Le chômage bat son plein turlututu chapeau pointu mais il suffit de tendre la main pour inverser la tendance 

- les retraités comme les pauvres pensent que tôt ou tard on finira par les parquer loin des regards de la bien pensance ambiante qui a si peur de sa propre honte,

- les travailleurs, enfin ceux qui auront encore du taf, travailleront toujours moins pour de moins en moins,

- les exilés fiscaux continueront à se barrer, pas folles les guêpes,

- les assistés sociaux à se faire huer, ces fainéants non mais des fois,

- l'UMP à couler, le PS à se putafier 

- la délinquance à s'expanser, les Kalash à siffler 

- les flics à se suicider

- et les restos du cœur à plonger.

Et oui en politique, rares sont les miracles, les hommes changent, les discours et les résultats restent les mêmes et ça fait 40 ans qu'on nous sert la même chose et que sans rechigner, nous replongeons ! Trop fort !

Sinon, la délation battra son plein, la quenelle nous promet des jours meilleurs, les insignes de soldats qu'on envoie dans les bourbiers feront parler les torchonneux et les bien pensants .. Et puis heureusement qu'il y a quelques exactions, ça permet de dégraisser le mammouth, tout ceci servi par des médias attentionnés craignant que nous nous ennuyassions et surtout qu'il faut quand même garder présente cette chape permanente de plomb qui fait la sinistrose généralisée. Moins on a le moral, plus on a peur, moins on bouge, c'est bien connu mais heureusement Facebook nous permet notre petite révolution virtuelle et  permanente sur les murs.

Je n'oublie pas au passage les petits veinards qui eux échapperont à ce grand merdome, ceux-là même qui en 2013 nous ont entubés avec une grande délectation et qui, en 2014, continueront à le faire. Il serait d'ailleurs bien dommage de leur gâcher le plaisir mais qu'ils se rassurent, cela n'arrivera pas, la révolution nécessite que des couilles poussent là où elles devraient pourtant être. Les marchés financiers ont battu des records, ce qui ne laisse rien présager de bon à part une bonne grosse crise bancaire que possiblement nos bons traders nous serviront à Noël prochain..  

2014 s'annonce par conséquent plus pourrie encore que les précédentes, les dindes, chapons, huîtres etc. en auront encore payé un large tribut sans compter sans doute ceux qui se seront vautrés en bagnole à force de s'être souhaité, à coup de mauvais alcool -au delà d'un certain nombre de grammes l'alcool est mauvais-, une bonne et heureuse année dont ils ne verront pas la couleur même grisâtre.

Bref, sinon nous allons cuver tranquilles et pendant quelques jours, diétant à coup de soupes de légumes dépuratives et d'aspirine, se jurant qu'on ne nous y reprendra plus pour recommencer avec la même motivation délectable à la fin de l'année. La vie est donc décidément un éternel recommencement d'abrutissements nauséeux.

Au delà de tout ce cirque, une pensée à ceux pour qui demain sera pire qu'hier, à ceux pour qui les nuits sont froides, très froides sous les ponts même en cet hiver printanier, à ceux qui ont si peu d'espoir que souhaiter une belle année relèverait d'une honteuse outrecuidance.

Ne croyez surtout pas que je veuille du mal à qui que ce soit mais n'étant pas la bonne fée clochette ou la lutine des bisounours, vous souhaiter une mauvaise ou une bonne année n'aura absolument aucune incidence sur vous.

 

Allez sur ce bonne bourre à tous et vivement l'année prochaine qu'on remette ça !

 

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 16:08

 

 

 

 

Le pire n’est jamais certain mais s’y préparer chaque matin au réveil, peut, s’il ne s'est pas présenté nous avoir fait passer une bonne journée, certes ce n’est qu’a posteriori que nous le constaterons mais quel bonheur alors de se coucher en de bonnes conditions …

Ceci posé, la « préméditation au malheur » est un exercice périlleux !

Et en cadeau cette petite phrase de Montaigne que j’apprécie tout particulièrement :

« Courir après alors que nul n’est arrivé à Soi »

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 07:36

 

 

 

 

 

 

Une époque qui ne se consacre entièrement qu'à réclamer ses droits (en en oubliant ses devoirs), engendre par logique propre un monde infantile et infantilisé,

un monde de victimes et de pleurnichards,

où le jouir sans entraves prime !

 

 

 


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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:43

 

 

 

Il y a belle lurette que je ne crois plus en un Etat Providence et bien heureux celui qui a encore de doux rêves dans ce domaine. J'ai perdu il y a longtemps mes illusions quand à la propension d'un peuple à se prendre en charge et à cesser de jouer en permanence dans une cour de récréation en espérant que le bon professeur sera le sauveur ! La haute finance tient et régit le monde, le FMI en est un exemple ainsi que la BCE et l'UE s'en fait la complice heureuse ! Certains aspirent à une révolution, pourtant le problème d'un soulèvement populaire est qu'il sera aveugle, immature et forcément avec des effets négatifs car nous le savons sans reflexion ni idées ! Depuis la révolution française dont on prône les mérites à tort à mon sens, la monarchie a été virée pour que finalement s'installe l'oligarchie ou mieux encore une formule récemment entendue, la monarchie républicaine, seuls au fond les mots changent mais la donne est la même ! Chaque dirigeant dans ce monde à un fond de dictateur, ce sont les peuples qui lui accordent ce droit au final, nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes et à nos pleines responsabilités individuelles et collectives, et tant que l'Autre, les Autres seront les seuls grands responsables, l'autre ayant toujours tort par essence, nous ne sortirons pas de l'infantilisme. Tout ceci pour dire que le blabla politique actuel, tant sur le look, la manière, les propos, les nominations, les anticipations, les critiques, voire les insultes concernant le nouveau Président relèvent essentiellement de cet infantilisme et ce n'est ni heureux ni constructif !

 

 

Piétinons, comme ces gamins infernaux, à qui tout est dû !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 08:12

 

 

 

 

Un seul homme, quel qu'il soit, n'a aucun pouvoir s'il n'est pas suivi !

 

 

 

 

Sur la psychologie de masse du fascisme
Jean-Marie Brohm


Depuis le début des années 30, divers courants politico‑théoriques des sciences sociales ‑ aujourd'hui souvent méconnus ou simplement censurés par les positions dominantes du champ universitaire ‑ ont tenté de comprendre les phénomènes de psychologie collective liés à l'avènement des divers fascismes, États totalitaires et régimes autoritaires. Leurs thématiques de réflexion et leurs programmes de recherche ont permis de défricher de vastes champs d'investigation des phénomènes sociaux de masse: les rapports entre la sexualité (fantasmes) et la politique (domination), le destin des pulsions (Éros et Thanatos) et les formations idéologiques (mécanismes de défense), les manifestations de foule et les investissements de la libido; l'élaboration des mythologies politiques ou des visions du monde et l'économie désirante, les diverses techniques de manipulation des émotions de masse par la propagande, mais aussi les formes conscientes ou inconscientes des identifications collectives à des figures charismatiques autoritaires (Duce, Führer, Caudillo... ), les préjugés réactionnaires (racistes) et les mentalités autoritaires ainsi que les processus pervers d'érotisation du pouvoir.

Ce vaste champ de la psychosociologie psychanalytique a été particulièrement investi par deux courants majeurs des sciences sociales, tous deux plus ou moins liés au mouvement ouvrier européen et à la lutte antifasciste internationale: le freudo‑marxisme (note 1) et l'École de Francfort (note 2). L'un comme l'autre ont tenté d'articuler, chacun de manière spécifique et originale, la psychanalyse (freudisme) et le matérialisme historique (marxisme), et ont eu surtout d'innombrables effets ‑ reconnus ou souterrains ‑ sur les multiples démarches théoriques qui se sont ensuite partagé ce champ des sciences humaines: psychohistoire et histoire psychanalytique (note3) , analyse institutionnelle, courants désirants et schizanalyse (note 4) , ethnopsychanalyse (note 5) et leurs diverses combinaisons rhizomatiques. Dans les limites d'un article il n'est évidemment pas possible de traiter de façon exhaustive la masse considérable de travaux qui ont influencé, souvent de manière décisive, les recherches contemporaines historiques, politiques, sociologiques et psychosociologiques notamment ‑ sur la psychologie de masse du fascisme et les rapports de la psychanalyse et de l'histoire. Trois thématiques essentielles semblent cependant se dégager ‑ dans le contexte d'une confrontation complémentariste (note 6) entre l'histoire politique du fascisme et la psychanalyse.

Idéologie du chef et structure psychologique de masse


Le premier point en débat concerne la concordance psychopolitique entre les structures caractérielles autoritaires des individus, notamment celles des meneurs, et les bases psychologiques de masse des régimes fascistes. Cette question très controversée a été posée par de nombreux auteurs inspirés par le freudomarxisme, en particulier par Erich Fromm qui a surtout insisté sur les rapports sado‑masochistes existant sous le nazisme entre Hitler (et les hitlériens) et la masse de la population allemande, notamment la petite bourgeoisie humiliée, frustrée, revancharde et haineuse, en tant que «terreau humain» de la barbarie.

«Ce qui importait,
écrit Erich Fromm, c'est que les centaines de milliers de petits bourgeois, qui en temps normal n'ont que peu d'occasions de s'enrichir ou de conquérir des situations influentes, disposassent, comme agents de la bureaucratie nazie, d'une large part de richesses et de prestiges qu'ils obligeaient les classes possédantes à leur céder. À ceux qui n'étaient pas les bras de la croix gammée, on distribua les postes et les affaires enlevées aux Juifs et aux ennemis politiques. Quant à la popu­lation, si elle ne reçut pas plus de pain, César lui offrit des jeux de cirque (note 7). Les défilés spectaculaires, les manifestations sadiques et les ressources d'une idéologie qui lui donnait le sentiment d’être supérieure au reste de l'humanité lui procuraient assez de satisfactions pour compenser ‑ du moins momentanément‑ le fait que sa vie était appauvrie matériellement, autant qu'intellectuellement.
L'effet psychologique des bouleversements sociaux et économiques, notamment du déclin de la classe moyenne, était amplifié ou systématisé par l'idéologie politique [...]. Les forces psychologiques ainsi éveillées furent orientées dans un sens opposé à leur intérêt véritable. Moralement, le nazisme insufflait une nouvelle vie à la petite bourgeoisie tout en ruinant ses vieilles forteresses [...]. La personnalité d'Adolf Hitler, ses enseignements et son système, représentaient le symbole d'une forme extrême du caractère autoritaire
[qui] aimantait puis­samment les groupes qui lui ressemblaient mentalement.»


C'est cette présence simultanée d'impulsions sadiques ‑ teintées de destructivité et de haine de l'autre ‑ et de tendances masochistes qui permet, selon Erich Fromm, de comprendre en grande partie les rapports de Hitler aux masses allemandes:
«Mein Kampf nous offre de multiples exemples d'un désir sadique de puissance. L'auteur méprise et "aime" les masses allemandes d'une manière significative et il libère ses impulsions hostiles en les déchaînant contre ses adversaires politiques. Il observe que les foules éprouvent de la satisfaction dans la domination.»
D'autre part, la psychologie hitlérienne est un bon exemple du mécanisme de projection qui justifie le sadisme en tant que défense contre les supposées agressions et conspirations anti­germaniques:
«Le peuple allemand et lui [Hitler] sont toujours innocent set leurs ennemis des brutes hypocrites. Cette partie de sa pro­pagande relève du mensonge conscient et délibéré. Elle revêt pourtant, dans une certaine mesure, la même "sincérité" émo­tive qu'on décèle dans les accusations paranoïaques. Chez le névrosé, celles‑ci servent toujours à se défendre contre des êtres inventés de toutes pièces pour servir d'exutoire à son propre sadisme et à sa soif de destruction [...]. Chez Hitler, ce méca­nisme défensif se passe de tout raisonnement. Ses ennemis sont imputés à crime d'entretenir des intentions dont lui‑même se fait gloire. Ainsi il dénonce le judaïsme, les communistes et les Français de nourrir des ambitions, dont il proclame fran­chement qu'elles sont ses buts légitimes.»

Pour Erich Fromm les deux pôles du caractère sadomasochiste expliquent donc dans une large mesure la politique hitlérienne. Le pôle sadique est suffisamment connu par ses conséquences exterminatrices sur les juifs, les Tsiganes, les «peuples dégénérés», les «communistes» et les populations civiles de l'Europe dévastée par les hordes hitlériennes (note 8) . Le pôle masochiste, lui, se manifeste clairement dans les rapports de Hitler avec les masses:

«On enseigne à celles‑ci, on leur répète, on les persuade que l'individu n'est rien et ne compte pas. Il doit accepter son inac­tivité et s'incorporer à un mouvement puissant qui lui donnera assurance et prestige.»

Dans ce système totalitaire, il y a donc une aimantation réciproque du sadisme et du masochisme, du leader et de la masse:
Du haut en bas du système nazi, une hiérarchie conçue d'après le principe du chef permettait à tout un chacun d'obéir à un supérieur et de commander un subalterne. Au sommet de la pyramide, le Führer s'inclinait devant le Destin, l’Histoire et la Nature. Ainsi l'hitlérisme contenait les désirs des classes moyennes et donnait une satisfaction et une orientation à toute une humanité perdue dans un monde inhumain et déboussolé.» (note 9)

Cette question de l'adhésion psychopolitique conscien­te ou inconsciente des masses allemandes à l'hitlérisme a aujour­d'hui des conséquences considérables du point de vue des sciences politiques et historiques. Le débat a été, là aussi, bien posé par Erich Fromm qui rappelle que dès le départ «une partie de la population allemande s'inclinait devant le régime nazi sans aucu­ne résistance sérieuse, mais non plus sans admirer sa doctrine et ses pratiques. Une autre partie de l'Allemagne était véritablement aimantée par ces nouvelles idées et fanatiquement attachée à leurs hérauts» (note 10) .

Tout le problème, qui a rebondi récemment avec la publication du livre de Daniel Jonah Goldhagen, est l'évaluation correcte d'une double dialectique: d'une part le rapport entre l'idéologie du Führer et celle de la masse des Allemands, en par­ticulier en ce qui concerne l'antisémitisme obsessionnel, agres­sif et meurtrier du national‑socialisme (note11) , d'autre part le rapport entre l'activisme militant des partisans fanatiques du Reich et la passivité plus ou moins complice des Allemands ordinaires, leur participation plus ou moins volontaire, enthousiaste, conscien­te, à la mobilisation totalitaire du nazisme, qui a d'ailleurs pu varier selon les étapes de la politique hitlérienne. Cette question qui pose dans toute son acuité celle de la responsabilité de l'Allemagne dans les crimes hitlériens ‑ et donc de la culpabili­té allemande ‑ a trouvé chez Wilhelm Reich une formulation qui fit scandale chez les «marxistes orthodoxes» parce qu'elle refu­sait d'exonérer les masses populaires de leur responsabilité dans l'avènement, la consolidation et l'exacerbation du fascisme. «Le fascisme, écrivait Wilhelm Reich en 1942, en tant que mouvement politique se distingue de tous les autres partis réactionnaires par le fait qu'il est accepté et préconisé par les masses» (note 12) . Wilhelm Reich, comme la plupart des freudo‑marxistes, soutenait que le nazisme était en accord avec la structure caractérielle des masses allemandes, notamment petites bourgeoises et prolétariennes paupérisées. En posant la question de la mystification politique des masses enragées et fanatisées, Wilhelm Reich affirmait que pour expliquer pourquoi «des millions de gens applaudissaient à leur propre asservissement», il fallait comprendre que l'efficacité psychologique de Hitler, son idéologie, son programme «étaient en harmonie avec la structure moyenne d'une large couche d'individus nivelés par la masse»:
«Un "Führer" ne peut faire l'histoire que si les structures de sa personnalité coïncident avec les structures ‑ vues sous l'angle de la psychologie de masse ‑ de larges couches de la popula­tion [...]. C'est pourquoi on a tort d'attribuer le succès d'Hitler exclusivement à la démagogie des national‑socialistes, à l'"égarement des masses", à la "psychose nazie", ce qui ne veut rien dire du tout, bien que des politiciens communistes se soient servis par la suite de ces explications très vagues. Il s'agit pré­cisément de comprendre pourquoi les masses ont pu être trom­pées, égarées, soumises à des influences psychotiques. C'est là un problème qu'on ne peut résoudre si on ne sait pas ce qui se passe au sein des masses.»

En conséquence la relation est ici dialectique: le Führer a certes manipulé des masses manipulables, mais celles‑ci ont également produit Hitler en tant que leur représentant psychologique:
«C'est la structure autoritaire, antilibérale et anxieuse des hommes qui a permis à sa propagande d'accrocher les masses. C'est la raison pour laquelle l'importance sociologique de Hitler ne réside pas dans sa personnalité, mais dans ce que les masses ont fait de lui. » (note13)

Complicité et consentement des masses


Aussi la question posée par le livre de Daniel Jonah Goldhagen ‑ qui a fait figure d'analyseur de la culpabilité allemande, question presque toujours refoulée ‑ peut‑elle se comprendre dans la perspective reichienne. Les Allemands n'eurent ‑ dans leur très grande majorité ‑ aucune difficulté à obéir aux ordres du Führer dans la mesure où ils étaient psychologiquement et idéologiquement préparés à accepter le pire, compte-tenu de la culture allemande qui les avait formés et d'une «conception du monde partagée par la grande majorité du peuple allemand», conception essentiellement gouvernée par l'orgueil nationaliste et surtout l'antisémitisme.

«Aucun aspect important de la société allemande n'est resté à l'abri de la politique antisémite, que ce soit l'économie, la vie sociale, la culture, les éleveurs de bétail, les commerçants, les petites municipalités, les avocats, les médecins, les physiciens, les professeurs [...]. La première partie du programme, c'est‑à‑dire l'exclusion systématique des Juifs de la vie économique et sociale de l'Allemagne, a été réalisée au grand jour, sous des yeux approbateurs, et avec la complicité de presque tous les secteurs de la société allemande [...]. Les convictions antisémites des Allemands ont été la cause centrale de l'Holocauste, l'origine non seulement de la décision de Hitler d'exterminer les Juifs d’Europe (acceptée par beaucoup), mais aussi de la bonne volonté mise par les exécutants à faire violence aux juifs et à les assassiner [...]. Ce ne sont pas les difficultés économiques, ni les moyens de coercition d'un État totalitaire, ni la pression sociopsychologique, ni une inclination irrépressible de la nature humaine, mais des idées sur les Juifs répandues dans toute l'Allemagne, depuis des décennies, qui ont amené des Allemands ordinaires à tuer des Juifs sans armes, sans défense, hommes, femmes et enfants, par centaines de milliers, systématiquement, et sans la moindre pitié [...]. Le génocide a été connu de presque tout le monde, sinon approuvé. Aucune autre politique (ou toute autre de même ambition) n'a été conduite avec autant de persévérance et de zèle, et avec moins de difficultés que le génocide, sauf peut‑être la guerre elle‑même. L’Holocauste définit non seulement l'histoire des Juifs au milieu du 20e siècle, mais aussi celle des Allemands.» (note 14)


En développant cette thèse qui fit scandale, surtout chez les admirateurs de l'Allemagne éternelle, Daniel Jonah Goldhagen se référait implicitement à une théorie de la psychologie de masse des agents de l'Holocauste, cherchant à comprendre leurs «motivations», l'intentionnalité de leurs actes de tueurs, leur mentalité, leur vision du monde, leurs croyances, leur «Lebenswelt», écrira‑t‑il même.
Or, et c'est ce qui nous intéresse ici, la «révolution» national‑socialiste visait d'abord à transformer les consciences, les sensibilités et les comportements des Allemands ordinaires en leur inculquant une culture « porteuse de mort», sadique et brutale, une culture de la cruauté méthodique, une culture pure de la pulsion de mort pourrait‑on dire en ternies marcusiens. Et cette culture a trouvé son apothéose mortifère dans le système des camps de la mort.
«L'essence de cette révolution, la façon dont elle transformait la substance psychique et morale du peuple allemand et dont elle détruisait, pour reprendre les termes mêmes de Himmler, la "substance humaine" des non‑Allemands, se lit dans l'institution emblématique de l'Allemagne nazie, le camp.»

Le camp, «lieu des pulsions et des cruautés déchaînées», révèle que
«la Kultur de Himmler était, dans une large mesure, déjà devenue la Kultur de l'Allemagne [...]. Le massacre collectif, la réintroduction de l'esclavage sur le continent européen, la liberté officielle de traiter les "sous‑hommes" comme on le voulait et sans aucune contrainte, tout cela montre que le camp était l'institution emblématique de l'Allemagne nazie et le paradigme du "Reich de mille ans" promis par Hitler. Le monde des camps révèle l'essence de l'Allemagne qui s'est donnée au nazisme, de même que les agents de l'Holocauste révèlent la barbarie meurtrière par laquelle, de leur plein gré, les Allemands entendaient protéger l'Allemagne et son peuple de leur plus grand ennemi, der Jude.» (note 15)
Cette interprétation a été sensiblement nuancée par un livre récent de Saul Friedländer qui conteste la radicalité de la thèse intentionnaliste de Daniel Jonah Goldhagen sur l'antisémitisme éliminationniste allemand. À propos de l'évaluation de l'adhésion de la population aux obsessions idéologiques de Hitler, il souligne:

«À l'intérieur du parti et […] parfois à l'extérieur de celui‑ci, il existait des noyaux d'antisémitisme irréductibles, suffisamment puissants pour relayer et amplifier les pulsions de Hitler. Pourtant, parmi les élites traditionnelles et dans de vastes pans de la population, le comportement anti‑juif releva davantage du consentement tacite ou de la passivité à des degrés divers. Si la plus grande partie de la société allemande a été pleinement consciente, longtemps avant la guerre, de la férocité toujours croissante des mesures prises à l'encontre des Juifs, elle n'a opposé que des désaccords mineurs (et encore étaient‑ils presque dus à des motifs économiques ou religieux). Il semble cependant que les Allemands dans leur majorité, bien qu'indiscutablement dominés par maintes formes d'antisémitisme traditionnel et acceptant sans problème la ségrégation des juifs, aient été réticents aux déchaînements de violence à leur égard et n'aient pas appelé à leur expulsion du Reich ou leur anéantissement physique.» (note 16)
La difficulté d'interprétation consiste là à apprécier exactement le degré de passivité et de consentement tacite, thèse vers laquelle penche plutôt Saul Friedländer, ou le degré de complicité subjective, d'intentionnalité consciente et d'adhésion délibérée, thèse de Daniel Jonah Goldhagen pour qui
«sans une bonne volonté largement répandue chez les Allemands ordinaires à accepter, tolérer (et même pour certains épauler) la persécution déjà radicale des Juifs allemands dans les années trente, puis, au moins pour ceux à qui on l'a demandé, à participer à l'extermination des juifs d’Europe, le régime n'aurait jamais réussi à en tuer six millions. L'accession des nazis au pouvoir et l'adhésion des Allemands à leur politique antisémite étaient les deux conditions nécessaires de l'Holocauste. Ni l'une ni l'autre n'était à elle seule suffisante. Et ce n'est qu'en Allemagne qu'elles ont joué ensemble» (note17) .

Il reste que ces deux ouvrages historiques considérables ont reposé dans toute leur ampleur la question naguère formulée par Wilhelm Reich, Erich Fromm et les freudo‑marxistes: pourquoi les masses s'identifient‑elles à des démagogues fascistes, pourquoi succombent‑elles à la mystification politique, pourquoi agissent‑elles contre leurs propres intérêts objectifs ? Pourquoi se transforment‑elles en exécuteurs des basses oeuvres exterminatrices et autodestructrices ? Erich Fromm a donné une réponse qui devrait permettre de comprendre la dialectique psychologique de masse de l'activisme et de la passivité, de la liberté individuelle et de la pression collective, de la résistance et de la collaboration au sein des régimes totalitaires:
«Quand Hitler arriva au pouvoir la majorité de la population se rallia à lui, car son gouvernement s'identifiait à "l'Allemagne" ‑ le combattre, c'était s'exclure de la communauté. Quand les autres partis furent abolis, le national‑socialisme bénéfi­cia à son tour du loyalisme de la population. S’opposer à lui c'était aussi s'opposer à la patrie. Il semble que rien ne soit plus malaisé à l'homme de la rue que de ne pas s'identifier à quelque mouvement important. Si peu de sympathie qu'un citoyen allemand ressentît pour les principes du nazisme, s'il devait choisir entre la solitude et la communauté nationale, dans la plupart des cas il n'hésitait pas un instant. Il est notoi­re que des Allemands qui n'étaient nullement hitlériens défen­dirent le régime contre les étrangers par pure solidarité nationale. La peur de l'esseulement et la faiblesse relative des principes moraux viennent au secours du vainqueur, quel qu'il soit, et lui apportent la fidélité traditionnelle d'un large secteur de la population.» (note 18)

Fausse conscience et antisémitisme


Une des grandes contributions de l'École de Francfort à l'étude de la fausse conscience (note19) a été l'investigation systéma­tique des idéologies racistes et tout particulièrement de l'anti­sémitisme. Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, dès la fin de la guerre, en 1947, posaient à leur tour la question centrale de Wilhelm Reich sur la psychologie de masse et tentaient d'ap­porter une réponse théorique à «la mystérieuse disposition qu'ont les masses à se laisser fasciner par n'importe quel despotisme, leur affinité autodestructrice avec la paranoïa raciste»
(note20) .
La cri­tique de l'assujetissement par la propagande industrielle d'un sys­tème tout entier centré sur la rationalité de la domination, la «mystification des masses» et l'administration totalitaire des choses (note21) , la critique de la culture de masse ‑ des « masses démo­ralisées par une vie soumise sans cesse aux pressions du système, [et] dont le seul signe de civilisation est un comportement d'au­tomate susceptible de rares sursauts de colère et de rébellion», exposées aux injonctions idéologiques (publicitaires mercantiles) d'un système d'aliénation ‑ débouchaient chez Theodor W. Ador­no et Max Horkheimer sur la critique impitoyable d'une «socié­té de désespérés [...] proie facile pour le gangstérisme» (note22) . C'est surtout le gangstérisme de masse fasciste, en tant que dissolution totale et totalitaire des Lumières, qui méritait d'être soumis à l'analyse critique, et notamment son fondement idéologique, l'an­tisémitisme:

«Les fascistes ne considèrent pas les Juifs comme une minorité, mais comme l'autre race, l'incarnation du principe négatif absolu: le bonheur du monde dépend de leur extermination.» (note 23)

L'intérêt théorique de l'oeuvre fondatrice de Theodor W. Adorno et Max Horkheimer était aussi de pointer le rôle des stéréotypes et des étiquettes dans les préjugés antisémites (racistes):
«L'antisémitisme n'est pas une caractéristique de l'étiquette antisémite, c'est un trait propre à toute mentalité acceptant des étiquettes. La haine féroce pour tout ce qui est différent est téléologiquement inhérente à cette mentalité.» (note24)

Theodor W. Adorno et Max Horkheimer allaient ainsi favoriser les recherches empiriques sur les préjugés antisémites, les discriminations racistes, l'ethnocentrisme, les tendances antidémocratiques, les personnalités autoritaires en tant que supports d'intelligibilité des adhésions de masse aux politiques fascistes ou totalitaires. Dans la lignée d'un ouvrage célèbre de l'École de Francfort, Autorité et Famille (note25) , ils publiaient toute une série d'articles ou d'ouvrages visant à disséquer l'antisémitisme d'un point de vue psychanalytique, sociologique et historique. L'apport de ces recherches à la sociologie du racisme et de l'antisémitisme fut décisif et mériterait à lui seul une étude approfondie. Leur importance vient surtout du croisement complémentariste des réflexions philosophiques et des méthodes d'enquête empiriques ainsi que de la mise en oeuvre systématique de la transdisciplinarité, selon l'expression qui prévaut aujourd'hui: psychologie, psychologie sociale, anthropologie, linguistique, marxisme, psychanalyse, etc., toutes ces démarches théoriques furent sollicitées pour étudier le fascisme et l'antisémitisme
note (26) .

Mais c'est surtout la grave carence du «marxisme‑léninisme» orthodoxe, notamment stalinien, incapable ‑ du fait de son économicisme et de son dogmatisme politique ‑ de comprendre les bases psychologiques de masse du fascisme et de l'idéologie raciste (antisémite) qui incita les freudo‑marxistes et les théoriciens de l'École de Francfort ‑ dans un jeu d'influences réciproques complexes ‑ à utiliser les ressources critiques de la psychanalyse pour étudier le rôle de la famille autoritaire, de l'éducation sexuelle répressive et du mysticisme religieux dans la formation des personnalités autoritaires, antidémocratiques et racistes et dans la consolidation idéologique d'une structure caractérielle de masse asservie. Quelles qu'aient été les différentes réponses des uns et des autres ‑ parfois contradictoires entre elles ‑, le mérite de ces deux grands courants historiques aura été de redonner un élan considérable à la recherche théorique sur l'antisémitisme. Et surtout de susciter d'innombrables recherches psychanalytiques ou psychopathologiques sur l'antisémitisme comme paradigme de la fausse conscience meurtrière (note27) .

Une éthique du témoignage


On n'a d'ailleurs pas manqué ‑ indépendamment des critiques positivistes qui lui ont été adressées ‑ de mettre en avant les «origines juives» de la psychanalyse (note28) pour disqualifier ses investigations et conclusions. Mais comme Freud l'avait remarqué de manière prémonitoire, dans un texte publié dans La Revue juive en 1925,
«ce n'est peut‑être pas par un simple hasard que le promoteur de la psychanalyse se soit trouvé être juif Pour prôner la psychanalyse, il fallait être amplement préparé à accepter l'isolement auquel condamne l'opposition, destinée qui, plus qu'à tout autre, est familière au Juif» (note 29)

Du point de vue épistémologique ‑ quant à l'implication de l'historien, du sociologue ou du psychanalyste dans l'étude du racisme, du fascisme et de l'antisémitisme ‑, la situation de rejet, d'exclusion, d'ostracisation, de bannissement, prédispose évidemment à mieux comprendre les mesures de discrimination, de persécution, puis d'extermination dont furent victimes des millions de juifs en Europe.
C'est ce que souligne justement Saul Friedländer:
«La plupart des historiens de ma génération, né à la veille d el'ère nazie, savent que le pénible défrichage des événements de ces années ne les contraint pas seulement à exhumer et à interpréter un passé collectif, mais aussi à affronter leur propre vie. Au sein de cette génération, les analyses ne concordent évidemment pas, qu'il s'agisse de définir le régime nazi, d'en décrypter la dynamique interne, d'en restituer correctement la criminalité absolue ou la banalité tout aussi absolue, ou enco­re de le replacer dans un contexte historique plus vaste. En dépit de nos polémiques, nous sommes nombreux cependant à partager un sentiment d'urgence suscité à la fois par notre vécu et par la fuite du temps. Passé cette génération ‑ pour les historiens, comme pour la plus grande partie de l'humanité ‑, le Reich de Hitler, la Seconde Guerre mondiale et le sort des juifs d’Europe n'appartiennent déjà plus à une mémoire commune. » (note 30)30

Il reste donc l'urgence vitale du témoignage, en tant que tâche théorique prioritaire: recueillir et entendre ce que disent les victimes de l'antisémitisme génocidaire, les survivants des camps de la mort:
«Il est essentiel d'entendre leurs voix pour parvenir à comprendre ce passé. Elles révèlent en effet ce qu'on sut à l'époque et ce qu'on aurait pu savoir; elles seules transmirent à la fois la perception claire et la cécité totale d'êtres humains face à une réalité inédite et terrifiante.» (note 31)31

Bien évidemment, tout chercheur ‑ qu'il soit Juif ou non-Juif ‑ est obligé dans l'étude de ces questions de prendre en compte ses propres réactions émotionnelles et politiques face à «ce qui est sans précédent», pour reprendre l'expression de Hannah Arendt, c'est‑à‑dire une «guerre mondiale d'une férocité sans équivalent» et «un crime de génocide sans précédent accompli au sein même de la civilisation occidentale» (note 32) . Dès lors, expliquer et comprendre ce qui s'est passé ne signifie nullement ‑ comme le soutiennent les nouveaux révisionnistes ‑ l'accepter, le banaliser, l'occulter ou, pire, le justifier au nom d'une supposée « neutralité axiologique», et sûrement pas «nier ce qui est révoltant» ou «déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent: ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités telles que le choc de la réalité s'en trouve supprimé. Cela veut plutôt dire examiner et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposé, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids comme si ce qui est arrivé en fait devait fatalement arriver» (note 33) .
Cette attitude épistémologique implique, de toute évi­dence, une position éthique qui suppose une identification, au moins partielle, avec les victimes, leurs angoisses, leurs souf­frances, mais aussi leurs luttes et leur volonté de vivre. On ne peut, insiste Georges Devereux à propos de la torture par exemple, «réduire artificiellement nos angoisses en considérant la torture des prisonniers simplement comme une "coutume", en niant donc implicitement que ces pratiques aient quelque rapport avec des êtres de chair et de sang, avec lesquels nous aurions à nous iden­tifier. On a recours ainsi dans la vie quotidienne à de telles dénégations implicites de toute similarité entre soi et les autres: quand on cherche, par exemple, à justifier l'esclavage qui n'affecte, "après tout", que des "quasi‑animaux"» (note34) .

Que dire alors du massacre de masse ?
Pitoyables et grotesques sont donc les arguties scientistes sur la «prise de distance du chercheur (historien, sociologue, etc.) vis‑à‑vis de son objet, sur «l'objectivation nécessaire» et autres fadaises positivistes destinées à calmer l'angoisse de la proximité avec l'insoutenable. Non seulement les victimes de l'extermination ne peuvent être «objectivées», mais le chercheur lui‑même ne peut pas ne pas affirmer sa solidarité de sujet vivant avec d'autres sujets anéantis par la barbarie hitlérienne (ou pétainiste). C'est ce que soulignait Max Horkheimer dans un texte magnifique:
«Nous, intellectuels juifs, rescapés de la mort dans les supplices hitlériens, n'avons qu'un seul devoir: agir pour que l’ef­froyable ne se reproduise pas ni ne tombe dans l'oubli, assurer l'union avec ceux qui sont morts dans des tourments indicibles. Notre pensée, notre travail leur appartiennent: le hasard par lequel nous y avons échappé ne doit pas mettre en question l'union avec eux, mais la rendre plus certaine; toutes nos expé­riences doivent se placer sous le signe de l'horreur qui nous était destinée comme à eux. Leur mort est la vérité de notre vie, nous sommes ici pour exprimer leur désespoir et leur nos­talgie. » (note 35)
Même si l'on n'est pas Juif, ce qui est mon cas, cette exigence de solidarité avec les survivants et les résistants est sans doute la seule éthique qui permette encore de tenir des positions politiques et théoriques respectables: du côté des victimes et non des bourreaux, avec les antifascistes et non les collaborateurs.

Jean Marie Brohm


Note 1:
Le freudo-marxisme, qui a fait couler beaucoup d'encre perfide chez les lacaniens et les stalino‑althusseriens français a surtout été étudié en Allemagne. De nombreux textes essentiels restent encore à traduire ‑ de Wilhelm Reich à Otto Fenichel, en passant par Erich Fromm, Siegfried Bernfeld et tant d'autres.
On pourra consulter :
Reich (Wilhelm), La révolution sexuelle, Paris, Bourgois, 1968;
L'analyse caractérielle, Paris, Payot, 1973;
Fromm (Erich), La crise de la psychanalyse, Essais sur Freud, Marx et la psychologie sociale, Paris, Denoël, 1971;
Le dogme du christ,
Bruxelles, Complexe, 1975 ;
Société aliénée et société saine. Du capitalisme au socialisme humaniste,Psychanalyse de la société contemporaine,
Paris, Le Courrier du Livre, 1971 ;

Marcuse (Herbert), Éros et civilisation, Paris, Minuit, 1963;
Culture et société,
Paris, Minuit, 1970;

Reiche (Reimut), Sexualité et lutte des classes, Paris, Maspero, 1971 ;
Schmidt (Véra) et Reich (Annie), Pulsions sexuelles et éducation du corps (introduction et traduction de Jean‑Marie Brohm), Paris, UGE, 1979; revue Partisans n° 66‑67 («Sexualité et répression»), Paris, Maspero, 1972;
Freudo‑marxisme et sociologie de l'aliénation
(choix de textes), Paris, UGE, 1974;

Brohm (Jean‑Marie), «Psychanalyse et révolution» dans Garde fous, arrêtez de vous serrer les coudes, Paris, Maspero, 1975;
Brohm (Jean‑Marie), Dahmer (Helmut), Frappier (Paul), Reich devant Marx et Freud, Paris, La Brèche, 1975;
Brohm (Jean‑Marie), «Wilhelm Reich», dans Dictionnaire des philosophes, Paris, PUF, 1984;
Marchi (Luigi de), Wilhelm Reich, biographie d'une idée, Paris, Fayard, 1973;
Jacoby (Russel), Fenichel (Otto), Destin de la gauche freudienne, Paris, PUF, 1986.

Note 2:
Voir Jay (Martin), L'imagination dialectique, L'École de Francfort, 1923‑1950, Paris, Payot, 1977;
Wiggershaus (Rolf), L'École de Francfort, histoire, développement, signification, Paris, PUF, 1993.

Note 3 Voir Moscovici (Serge), L'Âge des foules. Un traité historique de psychologie des masses, Bruxelles, Complexe, 1985; Dadoun (Roger), La psychanalyse politique, Paris, PUF, 1995;
Enriquez (Eugène), De la horde à l'État. Essai de psychanalyse du lien social, Paris, Gallimard, 1983, en particulier le chapitre 4 sur «L'antisémitisme nazi» et de manière plus générale sur les rapports de la culture (de l'histoire) et de la psychanalyse;
Bastide (Roger), Sociologie et psychanalyse, Paris, 1950; Rank (Otto) et Sachs (Hans), Psychanalyse et sciences humaines, Paris, PUF 1981 ; Roheim (Geza), Psychanalyse et anthropologie, Paris, Gallimard, 1967;
sous la direction d'Alain Besançon: L'histoire psychanalytique. Une anthologie, Paris‑La Haye, Mouton, 1974;
Friedländer (Saul), Histoire et psychanalyse, Paris, Seuil, 1975.

Note 4 Voir, par exemple, Deleuze (Gilles) et Guattari (Félix), L'Anti‑Oedipe, Paris, Minuit, 1972.

Note 5 Voir, par exemple, Nathan (Tobie), Sexualité idéologique et névrose (préface de Georges Devereux), Grenoble, La Pensée Sauvage, 1977;
On lira aussi, bien que dans une perspective ethnopsychanalytique plus classique et politiquement conservatrice, Besançon (Alain), Histoire et expérience du moi, Paris, Flammarion, 1971.

Note 6 Voir Devereux (Georges), Ethnopsychanalyse complémentariste, Paris, Flammarion, 1985.

Note 7 Voir Brohm (Jean‑Marie), Jeux olympiques à Berlin, 1936, Bruxelles, Complexe, 1983.

Note 8 Voir notamment Hilberg (Raul), La Destruction des Juifs d'Europe, 2 tomes, Paris, Gallimard, 1993;
Kogon (Eugen), Langbein (Hermann), Rückerl (Adalbert), Les Chambres à gaz, secret d'État, Paris, Seuil, 1987;
L'Allemagne nazie et le génocide juif
(Colloque de l'École des hautes études en sciences sociales réunissant de nombreux auteurs de premier plan, dont Saul Friedländer, Raul Hilberg, Michaël R. Marrus, Robert O. Paxton, Léon Poliakov, Zeev Sternhell, Pierre Vidal‑Naquet), Paris, Seuil, 1995;

sous la direction de Bédarida (François), La politique nazie d'extermination (ouvrage collectif comprenant notamment les contributions de Philippe Burrin, Saul Friedländer, Michaël R. Marrus, Léon Poliakov, Pierre Vidal‑Naquet), Paris, Albin Michel, 1989.

Note 9 On trouvera cette citation et les précédentes dans Erich Fromm. La Peur de la liberté, chapitre 6: «La psychologie du nazisme», Paris, Buchet/Chastel, 1962, p. 175 à 188.

Note 10 Ibid., p. 166.

Note 11 Dans l'abondante littérature sur cette question, voir notamment:
Poliakov (Léon) Bréviaire de la haine. Le 3e Reich et les Juifs, Bruxelles, Complexe, 1986;
Eberhard (Jäckel) Hitler idéologue, Paris, Gallimard, 1995;
Stern (J.‑P.), Hitler Le Führer et le peuple, Paris, Flammarion, 1995;
Burrin (Philippe), Hitler et les Juifs. Genèse d'un génocide, Paris, Seuil, 1985;
L'Allemagne de Hitler 1933‑1945
(ouvrage collectif avec une introduction de François Bédarida), Paris, Seuil, 1991.


Note 12 Reich (Wilhelm), La psychologie de masse du fascisme, Paris, Payot, 1972, «Préface», p. 11.

Note 13 Ibid p. 54 et 57.

Note 14 Goldhagen (Daniel Jonah), Les Bourreaux volontaires de Hitler Les Allemands ordinaires et l'Holocauste, Paris, Seuil, 1997, p. 16 et 17.

Note 15 Ibid., p. 447 à 452.
voir aussi Le Débat, n° 93, janvier‑février 1997, la partie consacrée à la discussion sur «Les Allemands, l'antisémitisme et l'extermination», notamment l'article de Daniel Jonah Goldhagen, «Réponse à mes critiques», ainsi que l'entretien avec Daniel Jonah Goldhagen, «L'importance de la cruauté est essentielle pour la compréhension de l'Holocauste» dans Le Monde, 6 mai 1997.

Note 16 Friedländer (Saul), L’Allemagne nazie et les Juifs, tome 1: Les Années de persécution (1933‑1939), Paris, Seuil, 1997, p 16.

Note 17 Goldhagen (Daniel Jonah), Les bourreaux volontaires de Hitler. Les allemands ordinaires et l'holocauste, op. cit. ; «Préface à l'édition allemande», p 567 et 568.

Note 18 Fromm (Erich), La peur de la liberté, op. cit., p. 167. Voir aussi le beau livre de Sperber (Manès), Psychologie du pouvoir (Paris, Odile Jacob, 1995) qui analyse finement la dialectique du chef et de la tyrannie, de l'adaptation et de la résistance,
Voir aussi, pour les situations concentrationnaires extrêmes, Bettelheim, (Bruno), Le Coeur conscient, Paris, Laffont, 1972.

Note 19 voir le livre fondamental de Gabel (Joseph), La fausse conscience, Paris, Minuit, 1962, notamment le chapitre 5: «L’idéologie raciste».

Note 20 Horkheimer (Max) et Adorno (Theodor W.), La Dialectique de la raison, Paris, Gallimard, 1974, p. 16,

Note 21 Thème qui sera repris par Marcuse (Herbert), L'Homme unidimentionnel, Paris, Minuit, 1968;
voir aussi Adorno (Theodor W.), Prismes: critique de la culture et société, Paris, Payot, 1986; Horkheimer (Max), Théorie traditionnelle et théorie critique, Paris, Gallimard, 1974.

Note 22 Horkheimer (Max) et Adorno (Theodor W.), La Dialectique de la raison, op. cit. p. 161.

Note 23 Ibid., p. 177.

Note 24 Ibid., p. 215.

Note 25 Studien uiber Autorität und Familie (ouvrage collectif publié par l’Institut de recherches sociales, avec en particulier des contributions de Max Horkheimer, Erich Fromm et Herbert Marcuse), Paris, Félix Alcan, 1936.

Note 26 voir l'ouvrage classique de Adorno (Theodor W.), Frenkel‑Brunswik (Else), Levinson (Daniel J.), Sanford (R. Nevitt), The Authoritarian Personality (1950), New York et Londres, W. W. Norton and Company, 1982, édité dans le cadre des Studies in Prejudice.
Voir aussi Adorno (Theodor W.), «Anti‑Semitism and Facist Propaganda» et «Freudian Theory and the Pattern of Fascist Propaganda» dans Adorno (Theodor W.), Soziologische Schriften 1, Francfort, Suhrkamp, 1979;
Horkheimer (Max), «Die Psychologie des Nazitums» et «Antisemitismus: der soziologische Hintengrund des psychoanalytischen Forschungsansatzse» dans Gesammelte Schriften, t. 5, Francfort, Fischer Verlag, 1987.
Voir également l'ouvrage classique édité sous la direction de Simmel (Ernst), Anti‑semitism. A Social Disease, New York, International Universities Press, 1946;
Arendt (Hannah), Les Origines du totalitarisme, Sur l'antisémitisme, Paris, Seuil 1984.

Note 27 Parmi cette très importante littérature, on retiendra ici les ouvrages en langue français:
Loewenstein (Rodolphe), Psychanalyse de l'antisémitisme, Paris, PUF, 1952 (importante bibliographie);
Hermann (Imre), Psychologie de l'antisémitisme, Paris, L'Éclat, 1986;
Friedländler (Saul), L'Antisémitisme nazi. Histoire d'une psychose collective, Paris, Seuil, 1971; Langer (Walter C.), Psychanalyse d'Adolf Hitler, Paris, Denoël, 1973;
Gabel (Joseph), Réflexions sur l'avenir des Juifs (Racisme et aliénation), Paris, Méridiens Klincksieck, 1987.

Note 28 L'accusation a été également formulée contre de nombreux théoriciens marxistes et freudo‑marxistes ‑ suspects de «judéo‑bolchevisme» ‑ ou contre certains théoriciens de l'École de Francfort, coupables d'illustrer théoriquement le «judaïsme» ou la «pensée juive»...

Note 29 Freud (Sigmund), «Résistances à la psychanalyse» dans Nouvelle Revue de psychanalyse, n° 20, automne 1979, p. 181.

Note 30 Friedländer (Saul), L'Allemagne nazie et les Juifs, t. 1 : Les années de persécution (1933‑1939), op. cit., p. 13 (souligné par moi).

Note 31 Ibid., p. 14.

Note 32 Arendt (Hannah), Les origines du totalitarisme. Sur l'antisémitisme, Paris, Seuil, 1984, p. 16.

Note 33 Ibid., p. 16 et 17.

Note 34 Devereux (Georges), De l'angoisse à la méthode dans les sciences du comportement, Paris, Flammarion, 1980, p. 134.

Note 35 Horkheimer (Max), «Après Auschwitz» in Note s critiques (1949‑1969). Sur le temps présent, Paris, Payot, 1993, p. 259.


Jean-Marie Brohm est professeur de sociologie à l’université Paul Valéry, Montpellier 3.
Il est le fondateur de la revue Quel corps?. Il a publié Critique de la modernité sportive, La Passion, 1995, et a participé à Contre Althusser, réédité en 1999 par les éditions de La Passion.
Ce texte a été publié dans la Revue Mauvais temps, n° 6/7, mars 2000 éditée par Les Éditions Syllepses.
Cet article est initialement paru dans la revue Prétentaine, n° 9/10, avril 1998, Étranger: Fascisme – Antisémitisme – Racisme, Université Paul Valéry, Montpellier 3.


Le lien d'originede ce document de Jean Marie Bhrom sur Reich et Marcuse, sur le freudo-marxisme et la psychologie de masse du fascisme : http://www.anti-rev.org/textes/Brohm00a/index.html

 

 

 

 

 

 


 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 10:31
 

 

 

 

 

 

"L'autre comme support illusoire de nos boues intérieures" [Bernard Auriol]

   

La phobie de l'autre, destructeur et qu'il faut donc battre à tous prix nous renvoie toujours à ce que nous n'avons pas épuré en nous !  
La Paix est un état d'esprit, mais bien plus encore elle ne s'engendre que dès lors que l'Autre n'est pas autre que nous-mêmes ! Nous voyons cela dans les phénomènes de délinquance, il n'y a pas d'autre, mais un objet à convoiter et ce quel que soit l'objet ! C'est une absence d'ancrage à la réalité ! Si l'autre est mon ennemi ou celui qui serait susceptible de me tuer au propre comme au figuré, alors la guerre est assurée. Nous avons tous en nous cette part d'ombre et de destructivité, c'est d'ailleurs profondément humain, le tout est de l'assumer totalement et en l'assumant de la contrôler....au mieux ! 

 

 

 

 

 

 

 


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